DNC : le satisfecit scandaleux d'une Ministre sourde aux demandes des éleveur·euses impacté·es

Pendant 3 jours et 4 nuits les paysan·nes de la Confédération paysanne ont tenté de bloquer l'abattage total d'un élevage en alpage à Favernes en Haute-Savoie.
Cette stratégie présentée comme inévitable reste plus que jamais contestable. D'une part, car elle méprise les paysan·nes, leur travail et leurs cheptels. D'autre part, aucune donnée actualisée, ni issue de la science, ni issue des observations du terrain ne prouve qu'elle soit pleinement adaptée à la situation vécue dans les Savoie. Et ce, d'autant moins sur un territoire où un plan vaccinal large a été mis en œuvre.
Sur ce point, la mésintelligence demeure. Il semble que les habitudes de cogestion avec les dirigeants de la FNSEA*, qui soutiennent cette stratégie, soient tellement ancrées que cela empêche tout changement de disque dur. Nous rappelons à la Ministre, qui demeure sourde à nos arguments, que « concertation » ne signifie pas utilisation du CNOPSAV comme caisse d'enregistrement et d'instrumentalisation des rapports de force pour acculer toutes les voix dissidentes des éleveur·euses sur le terrain, comme en Haute-Savoie, afin d'imposer une stratégie de la terre brûlée.
L'État se félicite des résultats obtenus sans prendre en considération que ceux-ci auraient également pu être obtenus par une stratégie alternative à l'abattage totale. De plus, cette autosatisfaction scandaleuse laisse dans l'ombre les difficultés vécues par les éleveur·euses et celles à venir. Pas de réponses sur les incohérences et les urgences pour les mouvements d'animaux, en particulier pour les retours d'estives. Le flou persiste aussi sur la désinsectisation des bâtiments et une possible reconstitution des troupeaux.
Sur la vaccination des bovins en Corse, nous sommes à minima satisfaits que la demande faite par les éleveur·euses de l'île ait été entendue. Nous avons exhorté la Ministre à suivre enfin cette voie de concertation et de co-construction pour la gestion des crises sanitaires actuelles et à venir. Car il y en aura avec l'accélération de la propagation des maladies animales liée au changement climatique et de la mondialisation du commerce agricole.
Face au ras-le-bol des éleveur·euses qui refusent d'être infantilisé·es par un État autoritaire et inhumain, nous proposons une autre voie : une concertation de tous les acteurs de terrain et fondée sur tous les points de vue scientifiques. Seul ce consensus large permettra de dégager des politiques sanitaires qui engagent chacun·e d'entre nous et protègent réellement nos troupeaux des maladies. Nous ne voulons plus être sacrifiés sur l'autel de l'exportation !