Incendies des Corbières et agriculture : un projet de territoire avec des moyens en face, c'est l'urgence !

Le guichet de l'aide d'urgence de 8 millions d'euros annoncée par la Ministre de l'agriculture s'ouvre ce lundi. Dans l'attente, d'une définition précise des critères d'attribution de cette enveloppe, la Confédération paysanne insiste pour qu'aucun paysan ne soit oublié quel que soit son statut ou sa production. Nous déplorons que les victimes des quatre feux précédents ne soient pas prises en considération. C'est une injustice inacceptable pour les paysannes et paysans qui ont tout perdu quelques semaines auparavant.
Ce drame démontre une fois de plus que la réforme des calamités agricoles, qui a privatisé la gestion des risques climatiques, crée des disparités. Les paysannes et paysans, non assurés contre les pertes de récoltes ou dont les productions sont non assurables (près de 80% au total), seront au final moins soutenus. Quant aux autres, ils se retrouvent seuls face à leurs assureurs et certains doivent batailler avec eux pour faire reconnaître leurs sinistres.
Cette enveloppe de 8 millions est largement insuffisante pour compenser les pertes de fonds et penser la reconstruction. Nous entendons dire dans les réunions institutionnelles qu'il n'y a pas de problème de trésorerie immédiat. C'est une blague indécente ! Alors que le feu a tout ravagé, des paysannes et paysans attendent encore l'aide exceptionnelle sécheresse 2024 de la Région Occitanie, certaines aides PAC* ou encore les aides à la replantation du vignoble. Nous attendons de la Région et de l'État que les dossiers 2024 des agriculteurs travaillant dans le périmètre des 5 feux soient payés dans les jours qui viennent !
Ces incendies survenant après quatre années de sécheresse ont mis à rude épreuve l'agriculture de ce territoire déjà soumis à d'autres crises. Face au défi de la reconstruction et au changement climatique, nous appelons à une mobilisation et une participation de toutes et tous, élus, paysannes et paysans et habitants du territoire, pour imaginer les Corbières de demain. L'aide d'urgence doit être rapidement complétée par un budget conséquent pour redévelopper l'agriculture dans les Corbières, principale activité pour maintenir un territoire vivant. Qu'attend l'État pour solliciter la réserve de crise européenne ? Le fonds d'urgence ne suffit pas à redonner de l'espoir, il ne permet pas aux agriculteurs, viticulteurs et habitants de se projeter dans l'avenir. La nouvelle urgence est dorénavant dans le financement rapide d'un projet de territoire. On ne fait pas des Corbières un laboratoire avec des incantations !
La Confédération paysanne reste mobilisée et force de proposition avec toutes celles et ceux qui ne se résignent pas face aux difficultés accentuées par le réchauffement climatique et les crises agricoles systémiques.