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RÉPRESSION SYNDICALE
27.01.2026

Quand des experts de l’ONU dénoncent la criminalisation des luttes paysannes en France

La Confédération paysanne et le Centre Europe-Tiers Monde (CETIM) saluent la prise de position publiée le 26 janvier par plusieurs experts des droits de l'homme des Nations unies*. Ces derniers expriment leur profonde inquiétude face au recours aux arrestations massives, à la criminalisation des mouvements sociaux, ainsi qu'aux poursuites pénales visant des paysan·nes et des responsables syndicaux en France. Ils ont ainsi adressé une interpellation officielle au gouvernement français, qui est censé leur répondre dans un délai de 60 jours.

   

Cette alerte internationale fait directement suite à la plainte (voir ici) déposée conjointement par nos deux organisations le 15 janvier 2026 auprès des Procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme de l'ONU*. Cette saisine documentait les arrestations massives et disproportionnées du 14 janvier à Paris, ciblant notamment des porte-parole nationaux de la Confédération paysanne et la coordinatrice générale de La Via Campesina, lors d'une action pacifique au Ministère de l'Agriculture.

Les experts de l'ONU* confirment nos constats et nos inquiétudes notamment sur : 

- le caractère injustifié et discriminatoire des arrestations massives, particulièrement lorsqu'elles ciblent certains syndicats ;

- la restriction disproportionnée des libertés fondamentales (réunion pacifique, association, expression) par les autorités françaises ;

- le non-respect des droits des paysan·nes à exprimer leurs griefs et de participer aux décisions qui affectent leur vie et travail, sans crainte d'intimidation.

Pour la Confédération paysanne et le CETIM, cette prise de position internationale est un soutien crucial et une validation de la légitimité de notre combat. Nous appelons le gouvernement français à entendre cet sérieux avertissement émanant des plus hautes instances onusiennes. Au lieu de poursuivre dans la voie de la répression et du silence, le gouvernement doit mettre un terme à toute poursuite engagée contre les paysans arrêtés les 9 et 14 janvier ; cesser la criminalisation des actions syndicales et des mouvements de désobéissance civile pacifiques.

Le gouvernement doit s'engager pour un dialogue constructif et de bonne foi sur le fond des revendications légitimes du mouvement paysan : la gestion de la crise sanitaire (DNC), les accords commerciaux destructeurs comme celui avec le Mercosur*, et la nécessaire transition vers un modèle agricole respectueux des paysans et de l'environnement.

La mobilisation paysanne se poursuivra, avec le renfort désormais visible de la vigilance internationale. Le droit de protester pacifiquement n'est pas négociable. 

*Le texte intégral de la déclaration des experts de l'ONU*, disponible sur le site du Haut-Commissariat aux droits de l'homme : https ://www.ohchr.org/fr/press-releases/2026/01/France-un-experts-alarmed-farmers-arrests-and-growing-criminalisation

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