M. le Premier Ministre : parce qu’aucune ferme ne doit disparaître, l’urgence est à la justice et au partage !
Les lettres aux agriculteur·rices s'empilent, de la même façon que les lois, les unes après les autres, sans esquisser le moindre changement. Face aux urgences révélées par les situations dramatiques subies depuis des semaines dans les fermes, à cause de la sécheresse, des canicules et des incendies, la loi d'urgence soutenue par le gouvernement fait déjà preuve, avant même son application, de son inefficacité.
Dans ce moment de crise et de raréfaction des ressources, la mise en concurrence des paysan·nes, systématisée par les orientations de la politique agricole en faveur d'un productivisme aveugle, s'accentue et impacte d'autant plus les fermes les plus fragilisées. Sur l'eau, nous le répétons : oui, nous avons besoin d'eau pour produire, mais il faut prioriser ses usages, protéger la ressource et la partager ! Les mégabassines, qui sont déjà à sec, ne constituent pas une solution. L'absence de priorisation entre l'élevage et la production d'énergie, qui favorise la spéculation sur les fourrages, est un autre exemple criant d'incurie politique. Le système assurantiel est complètement dysfonctionnel laissant l'immense majorité des paysan·nes sans filet de sécurité. Alors que les maraicher·es sont en première ligne, ils n'ont même pas accès à des contrats d'assurance subventionnés, cette injustice est un véritable scandale.
Parce qu'aucune ferme ne doit disparaître, l'urgence est à la justice et au partage.
Les prochaines orientations de la PAC* et du budget, en matière d'accompagnement, d'aides à l'investissement et de fiscalité, ne doivent pas poursuivre la tendance à la concentration et à l'agrandissement des fermes. La Confédération paysanne réclame des mesures d'urgence pour sauver les fermes à court terme (voir pj) et des outils de régulation et de répartition de la valeur, pour garantir le revenu de tous les paysan·nes. Le moment doit être à la bifurcation, pour assurer un avenir à tous les agriculteur·rices et garantir notre souveraineté alimentaire.
Pour engager cette bifurcation et répondre à la crise, nous vous demandons, M. le Premier Ministre, une rencontre d'urgence, afin que vous entendiez la voix des paysan·nes.
Les réponses d'urgence, comme les mesures structurelles, doivent être à la hauteur de la situation.
A télécharger :
Les revendications de la Confédération paysanne face aux crises climatiques



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