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PAC
15.10.2026

PAC post-2027 : la France doit s’opposer fermement au sabotage proposé par la présidence irlandaise

La proposition de compromis présentée le 10 octobre par la présidence irlandaise affaiblit considérablement la redistribution des aides de la PAC* et introduit de nombreuses flexibilités. En effet, elle réduit quasi à néant l'efficacité de la dégressivité et rend facultatif la mise en place, par l'État membre, du plafonnement, des plans de transition, des paiements pour les petits agriculteurs et pour les contraintes naturelles (ICHN*). La Confédération paysanne appelle le gouvernement français à s'opposer fermement à ce sabotage.

Pour garder des fermes nombreuses sur tous les territoires et dans toutes les filières, la redistribution doit être au cœur de la prochaine PAC*. Le plafond de 100 000 euros limité aux paiements découplés proposé par la Commission ne toucherait que quelques fermes en France. Le tripler et repousser le déclenchement de la dégressivité revient à continuer la course à l'agrandissement sans aucune orientation quant aux modes de production. Cela rendrait notre souveraineté alimentaire et transition agroécologique encore plus vulnérable et incertaine. La perspective de l'adhésion de l'Ukraine et de l'augmentation des surfaces éligibles rend pourtant cette réorientation indispensable.

La Confédération paysanne défend un soutien de base découplé (ex DPB) forfaitaire par agriculteur actif, un paiement redistributif obligatoire et plus ambitieux, une aide petit agriculteur obligatoire de 5000 euros, un plafonnement de l'ensemble des aides PAC* à 45 000 euros, avec transparence GAEC, ainsi qu'une dégressivité obligatoire réellement redistributive. 

Nous défendons une baisse significative du budget des paiements découplés (ex DPB) et une redistribution significative en faveur des aides couplées et de la transition agroécologique.Tous les États membres doivent être tenus de mettre en place des plans de transition, y compris pour une nécessaire adaptation au dérèglement climatique. Il est également nécessaire de remettre en place des outils de régulation des marchés et de maîtrise des volumes de production pour garantir des prix rémunérateurs. Ces moyens ne doivent pas être obtenus en sacrifiant la réserve de crise. Les sécheresses et les incendies de cet été rappellent la nécessité de cette solidarité.

Alors que les négociations européennes avancent, le gouvernement n'a toujours pas mis en place d'instance de dialogue avec l'ensemble des acteurs concernés pour débattre de la position française.Des orientations générales ne suffisent pas : quels choix la France défend-elle sur le plafonnement, la dégressivité et la répartition des aides ? La Confédération paysanne demande l'ouverture immédiate d'un espace de débat et de suivi des négociations, ainsi qu'une position française claire et ambitieuse en faveur de la redistribution. L'avenir de la PAC* doit se construire avec les paysan·nes.

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