BOVINS VIANDE

Un projet à contre-emploi et à contre-sens

03.09.2014 . Photo prise fin juin : à ce jour , les terrassements des bâtiments sont en voie d’achèvement et le montage du parc photovoltaïque au sol en cours de finalisation.


03.09.2014 Tous les mois découvrez un article de Campagnes Solidaires. Ce mois-ci, un article sur un centre d'engraissement de jeunes bovins en Limousin.


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Un centre d'engraissement de 1000 jeunes bovins voit le jour en Limousin. La Confédération paysanne s'inquiète des conséquences d'une telle réalisation.


Alliance Millevaches est une société par actions simplifiées (S.A.S.) créée en 2010 par 12 actionnaires, éleveurs et non éleveurs. Son but : exploiter un centre d'engraissement collectif pour jeunes bovins, alors inexistant dans le secteur, ces animaux étant jusque là vendus pour engraissement en Italie.  Depuis 2013, la Société vitréenne d'abattage (SVA) Jean Rozé, filiale du groupe « Les Mousquetaires/Intermarché », a intégré la SAS, et les éleveurs corréziens et creusois engagés dans la démarche seraient aujourd'hui une cinquantaine.

Les premiers animaux devraient entrer dans les bâtiments en 2015. Ils ont d'ores et déjà été réservés par la SVA Jean Rozé, qui a signé un contrat de 5 ans avec la SAS , avec prix minimum garanti.

Le centre d'engraissement sera situé à Saint-Martial-Le Vieux, sur le territoire du parc naturel régional Millevaches en Limousin. Les infrastructures et les équipements seront financés par la communauté de communes des Sources de la Creuse, puis loués à la SAS pour 30.000 €/an. D'autres soutiens publics devraient aider la réalisation du projet (1). Les toits des deux bâtiments d'élevage (5.380m²) seront loués à un promoteur spécialisé dans le photovoltaïque (2) et le centre sera en partie entouré par une centrale photovoltaïque au sol.

La superficie finale des installations devrait être d'environ 23.000m², sur un ensemble foncier de quatre parcelles d'une superficie de 63.300m². La capacité d'accueil simultanée du centre est prévue pour 1000 bovins, soit la production de 1420 taurillons engraissés à l'année (3). Les jeunes bovins seront achetés en priorité aux agriculteurs sociétaires, complétés par des achats sur le marché au cadran d'Ussel, à 20 kilomètres du site.

A plus de 800 mètres d'altitude et pour une telle quantité d'animaux, l'alimentation du bétail ne pourra être produite sur place et devra être contractualisée. Elle nécessitera des capacités de stockage conséquentes.

Les effluents d'élevage (12.000 tonnes par an) devraient à terme alimenter un méthaniseur.  Abondé par 18000 tonnes de déchets verts, d'abattoir et de grandes surfaces, il produira de l'électricité et séchera le substrat du digesteur pour en faire des engrais (mis en granulés),  mais aussi des pellets de bois pour la chaîne de magasins Leclerc. Dans l'attente, un plan d'épandage auprès d'agriculteurs riverains aurait été dimensionné par la chambre d'agriculture de Corrèze pour permettre une exploitation « normale » du site. 

En fonctionnement « de routine », seulement 3 emplois « locaux » seront créés sur place :  deux ouvrierset  un responsable des achats/approvisionnement animaux et alimentation.

La Confédération paysanne du Limousin s'inquiète des conséquences de ce projet : production de viande de basse qualité destinée à l'export, dépendance des éleveurs contractualisant avec un industriel, bilan carbone catastrophique puisque les aliments seront produits ailleurs et la viande exportée, rentabilité aléatoire dépendant - entre autres - des fluctuations des prix des aliments, création d'emploi quasi nulle ...

Nous ne remettons pas en cause la volonté des éleveurs de se regrouper pour engraisser leurs broutards qui étaient vendus en Italie, mais plutôt les orientations politiques à tous les niveaux, du global (l'Europe qui avec la nouvelle Pac a fait le choix d'aider les gros élevages naisseurs plutôt que systèmes les naisseurs-engraisseurs) au local (les collectivités territoriale qui prétendent toutes vouloir une agriculture durable, relocalisée, de qualité, créatrice d'emplois, préservant les ressources naturelles, et qui ne verront rien de tout cela avec ce projet).

Nous souhaiterions plutôt voir les éleveurs de bovins incités à diminuer leur nombre de vaches-mères et finir leurs animaux à l'herbe qui pousse naturellement dans la région, ces produits correspondant aux besoins alimentaires locaux.

 

La Confédération paysanne du Limousin

 

(1) Le projet a reçu un accord de financement du ministère de la Défense  pour un montant de 400.000€ dans le cadre du Plan local de redynamisation du site (proximité du camp de la Courtine). Des subventions devraient être également attribuées par le Conseil régional (150. 000 €) et le Conseil général de la Creuse (75. 000 €).

(2) SAS Third Step France.

(3) Sachant que 240 à 260 jours d'engraissement maximum sont fixés par bête.

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