Apiculture

Monsanto n'a pas le droit d'interdire aux apiculteurs de vendre leur miel

Vendredi 6 janvier, les apiculteurs de la Confédération Paysanne ont investi avec leurs ruches le site de Monsanto à Monbéqui dans le Tarn et Garonne. Plus de 150 paysans et citoyens les ont accompagnés toute la journée. Par ce premier avertissement, ils sont venus dire à Monsanto : si tu veux interdire à nos abeilles de butiner dans les champs, nos abeilles t'interdiront de trafiquer dans tes laboratoires.




Alors que l'on annonce déjà une nouvelle année catastrophique pour l'apiculture - notamment dans le sud, touché par la sécheresse - les apiculteurs sont dans une situation de plus en plus difficile. La production de miel ne cesse de diminuer en France, un des principaux pays producteurs européens avec l'Espagne et l'Italie, la récolte étant passée de 32000 tonnes en 1995 à 25500 tonnes en 2004, selon l'Oniflhor*.

Il y a, en France, environ 1.15 million de ruches (DOM-TOM compris) et 69230 apiculteurs (contre plus de 84000, dix an plus tôt).

La filière apicole française est particulièrement complexe. Elle compte de nombreux petits producteurs (92% des apiculteurs possèdent moins de 30 ruches) et des modes de commercialisation extrêmement diversifiés : d'un côté, une place importante pour la vente directe, facilitée par une implantation locale; de l'autre neuf négociants représentant la quasi-totalité du miel collecté en France (soit un tiers de la production) destiné en grande partie à être conditionné et distribué.

Pour satisfaire la consommation française annuelle, de l'ordre de 40000 tonnes, la France importe du miel d'Espagne, de Hongrie, du mexique, d'Argentine et du Canada (pour le trèfle), dont une partie est conditionnée et réexportée vers une quarantaine de pays. Malgré la diversité de ses terroirs, la production apicole française ne représente que 75% de la consommation.

L'apiculture française est actuellement confrontée à plusieurs difficultés majeures :


  • la pression toujours plus grande des pesticides, malgré quelques victoires récentes contre l'industrie chimique, avec l'interdiction de produits comme le Gaucho ou le Régent. Mais la bataille continue : l'UE vient de donner un avis positif pour inscrire la clothianidine (une substance active proche du Gaucho - extrêmement toxique pour l'abeille et pour les insectes pollinisateurs) sur la liste des matières actives autorisées au niveau européen;
  • les modifications climatiques;
  • la présence de varroa et ses conséquences.
  • On peut également s'inquiéter de la présence sur le marché de miels trafiqués (adultérés), dont l'impact sur l'image naturelle et saine du produit est déplorable.

     


     

    *Office national interprofessionnel des fruits, des légumes et de l'horticulture
    • Confédération Paysanne
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