La Confédération paysanne refuse les OGM en agriculture et dans l’agro-alimentaire : pour ses détracteurs cela reviendrait à se couper irrémédiablement "des bénéfices et des progrès scientifiques issus du génie génétique".
Les consommateurs européens, dans leur écrasante majorité, refusent les OGM dans l’alimentation, malgré un seuil fixé à 0,9%. Ils s’interrogent sur leur intérêt et sur les risques (en particulier toxicologiques toujours non connues) que peuvent induire ces produits pour leur santé. Les organisations de défense de l’environnement et des chercheurs du domaine public ont démontré à plusieurs reprises les risques écologiques irréversibles liés à la propagation non maîtrisée de gènes,notamment les atteintes à une biodiversité déjà passablement malmenée.
Les agriculteurs qui demeurent encore et toujours le premier maillon de la chaîne alimentaire, refusent une technologie qui n’apporte aucun avantage démontré, mais qui les place sous le joug des grandes firmes agro-chimiques et semencières, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis ou au Canada. L’objectif de ces puissantes compagnies internationales est d’ordre financier : conquérir et développer les marchés des semences et de l’agro-alimentaire, pour imposer leurs technologies génétiques. Les prétextes de la protection de l’environnement ou de la satisfaction des besoins alimentaires dans le monde ne sont que des leurres grossiers !
L’interdiction des OGM ne suffirait pas à elle seule à mettre un terme au développement exponentiel de l’agriculture industrielle. En revanche, leur autorisation condamnerait à court terme l’agriculture paysanne, durable et solidaire. C’est vers ce type d’agriculture que la Confédération paysanne appellel a recherche publique à orienter ses travaux pour répondre à des demandes sociales bien réelles. Et c’est ce type d’agriculture qui est source de progrès, autant pour les paysans que pour l’ensemble des des populations.
Qu’est ce qu’un OGM ? Organisme dont le patrimoine génétique a été transformé par la technique de la transgénèse (modification de l’expression de l’un de ses gènes ou addition d’un gène étranger) en intervenant sur une molécule d’ADN (support de l’information héréditaire pour l’ensemble des êtres vivants).
Si l’essor du génie génétique dans les années 80 permet la modification de l’information génétique des organismes vivants, il rend aussi possible le brevetage de ces mêmes organismes vivants. C’est sur ces organismes à l’information génétique modifiée (OGM) que seront déposés les premiers brevets sur le vivant, dès 1980 aux Etats-Unis, avec l’autorisation du dépôt d’un brevet sur une bactérie. Le système des brevets s’étend alors peu à peu à l’ensemble des organismes vivants (animaux, végétaux, etc...). Si l’identification d’un gène ou d’une séquence génétique est considérée comme une découverte (non brevetable), la mise en évidence de sa fonction est considérée comme une invention et permet à ce titre le dépôt d’un brevet. Par un tour de passe-passe sémantique, les brevets ont ainsi été détournés de leur vocation initiale. La bataille pour la maîtrise de l’information génétique a commencé .
Les premiers clients des firmes agrochimiques et semencières restent les agriculteurs. A travers le monde, ils sont près de 1,3 milliards : un marché gigantesque, notamment dans certains pays où la population agricole représente encore plus de 50% de la population active. Les stratégies déployées sur tous les continents par les agents et filiales de ces firmes avec parfois l’appui des autorités nationales de certains pays en développement, visent purement et simplement à assujettir les agriculteurs en les mettant à leur service. La semence est la base de toute activité agricole. Avec la semence transgénique, on contrôle l’amont et l’aval de la production.
Non, car la faim et le défaut de sécurité alimentaire sont d’abord liés à des dysfonctionnements de l’économie de marché, de l’accès à l’alimentation et de sa distribution. Pour la FAO, la nourriture est disponible, et l’argument prétextant que les variétés transgéniques permettent de meilleurs rendements et favorisent la capacité de production des populations pauvres est largement contredit par les études indépendantes réalisées sur le terrain. Par ailleurs, les OGM proposés sont destinés quasi exclusivement à l’exportation ou à l’alimentation du bétail et sont conçus pour exprimer leur potentiel de production dans les conditions d’une agriculture industrielle utilisant massivement des intrants. La promotion des OGM n’améliore donc en rien la couverture des besoins alimentaires essentiels des populations les plus exposées à la faim. Ils resteront une technologie hors de portée des petits paysans.
Oui, car les manipulations génétiques peuvent induire des changements dans le fonctionnement des plantes et provoquer la synthèse de nouveaux composés toxiques dans l’alimentation ainsi que la dissémination à grande échelle de gènes de résistance à des antibiotiques (tel que : ampicilline) couramment utilisés en santé humaine et animale. De plus, les contrôles de toxicité ou les tests d’allergie sur les aliments issus d’OGM sont le plus souvent incomplets, voire inexistants. La plupart des plantes transgéniques commercialisées sont conçues pour produire ou tolérer des pesticides et des insecticides. Les résidus de ces pesticides sont donc susceptibles de s’accumuler dans la chaîne alimentaire et d’avoir des effets toxiques à long terme. De plus les pollutions génétiques peuvent favoriser l’apparition de nouvelles espèces envahissantes (véritable menace pour la biodiversité).
Oui, car la mise en place d’une filière sans OGM revient à admettre une filière OGM et les risques de transfert d’une filière à l’autre (pollutions génétiques, mélange lors des manipulations et sur les chaînes de conditionnement...). L’absence d’évaluations sérieuses et de connaissances sur les risques pour la santé et l’environnement rendent illégitime la création d’une telle filière. La mise en place d’une véritable double filière impliquerait une ségrégation stricte et une imperméabilité absolue entre les deux types de produits (analyses et contrôles nombreux à tous les échelons), qui ne seraient jamais totalement garanties et occasionneraient des surcoûts absolument prohibitifs.
La Confédération paysanne place à votre disposition cet argumentaire pour une agriculture sans OGM. Sous la forme d’un quatre pages, il reprend les principaux arguments concernant l’environnement, la responsabilité des multinationales, les risques pour la santé humaine...




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