![]() |
|||||||
Campagnes Solidaires n° 176juil/août 2003 |
|||||||
|
Pour avoir participé à deux actions contre les OGM, José Bové, porte-parole national de la Confédération paysanne, est en prison depuis le 22 juin. Chacun, à son niveau, fait tout son possible pour que José soit là, du 8 au 10 août sur le Larzac.
Son incarcération est une intolérable atteinte aux droits de l’homme. Le droit de manifester est une liberté fondamentale. Il est vrai que notre combat contre la brevetabilisation du vivant est ressenti comme un obstacle dangereux par les lobbies de la marchandisation à tous azimuts. Aussi sont-ils décidés à éliminer ce qui les gêne, le militant José Bové comme le mouvement altermondialiste. Pourtant, on assiste à l’effet inverse. Loin d’être affaibli, le mouvement se renforce.
À l’heure d’Internet, les décisions internationales voudraient s’imposer à tous. Les capitalistes dictent leur loi aux États. L’OMC, sinistre successeur du Gatt, dispose de pouvoirs phénoménaux par le biais de l’organisme de règlement des différends ! L’OMC voudrait mener la danse sur la planète.
Ses accords sont meurtriers, entraînent une guerre commerciale sans merci dont les victimes périssent par la faim ou par les armes. Une poignée de décideurs utilisent leur pouvoir financier pour obtenir le feu vert leur permettant de marchandiser de plus en plus de biens collectifs ou publics : les semences, l’eau, la santé, la formation, la protection sociale. Autant de secteurs qu’ils espèrent voir privatisés pour en tirer de juteux profits.
Il est donc urgent de s’organiser tous ensemble pour empêcher l’OMC de nuire !
Chaque jour voit s’accroître le nombre de ceux sur la planète à comprendre et à expliquer à d’autres la nécessité de mettre l’OMC hors service. Il faut démultiplier les liens entre les résistances. Contre sommets, forums sociaux, manifestations altermondialistes sont autant d’occasions.
Avec Via campesina, nous proposons de nouvelles règles pour rémunérer équitablement le travail de chacun. Les populations et leurs États doivent pouvoir définir leur propre politique agricole et protéger leur paysannerie de fléau comme le dumping. Leur souveraineté alimentaire doit s’accompagner du droit à l’accès aux ressources (terre, eau, semences) pour les petits paysans. L’échange équitable doit être la règle fondamentale du marché mondial. Dans ce sens, priorité doit être donnée aux marchés intérieurs ou locaux sur l’exportation.
En solidarisant les luttes paysannes à celles des autres acteurs de la société nous abolirons les pouvoirs de l’OMC ! Cet été, les 8, 9 et 10 août, les journées du Larzac réuniront des militants venant de toutes les organisations, de tous horizons, désireux de faire reculer l’OMC.
Forums, échanges, spectacles, concerts sont autant de manifestations leur permettant de créer des liens, de renforcer leurs propositions. Le rassemblement du Larzac permettra d’encore mieux préparer les actions à mener durant les négociations de l’OMC à Cancun.
Plus ambitieux encore, le Larzac 2003 sera non seulement un grand moment de convergence des luttes contre l’OMC, mais encore celui de la construction d’un monde solidaire pour les années à venir.
Confédération Paysanne
104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet
tel +33 1 43 62 04 04 - fax +33 1 43 62 80 03 - courriel