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Campagnes Solidaires n° 177

sept 2003
 

EDITO

Notre mouvement grandi et renforcé

Jean-Emile Sanchez - Moutonnier dans l’Aveyron, secrétaire national de la Confédération paysanne.

Chaud, chaud, l’été a été chaud. Pas de trêve pour les militants de la Confédération paysanne. Leur mobilisation aura permis à notre porte-parole, José Bové, de sortir de prison et d’être présent au rassemblement du Larzac 2003, animé par le collectif Construire un monde solidaire. Réunissant plus de 250000 participants, c’est un incontestable succès, mettant en lumière la capacité de la Confédération paysanne à mobiliser au-delà du monde paysan. Certains ont cherché le détail croustillant pour minimiser et dévaloriser l’événement. Peine perdue. Qui plus est, l’importante participation des jeunes a frappé tous les observateurs. Que ce soit dans les forum ou dans les relations interpersonnelles, le respect et l’écoute mutuels entre générations ont prévalu. Cet enthousiasme de la jeunesse est un gage d’espérance pour les luttes à venir.

Nous avons pu constater la pertinence des analyses de 1973 sur les convergences des luttes des paysans et du monde du travail. Ces analyses sont toujours d’actualité dans un monde complexifié notamment par la globalisation. On aurait pu penser que l’ultra libéralisme aurait fait éclater le mouvement. Le contraire s’est produit. Le mouvement est renforcé, conforté, mûri dans sa capacité de réflexion et de propositions. Nous voyons bien comment les crises sont érigées en méthode de gestion par les tenants du capital et servent à éliminer salariés et paysans.

Face à ces crises récurrentes, comme dans le secteur des fruits et légumes, la Confédération paysanne avance ses propositions, passant par la maîtrise et la répartition des productions, éléments indispensables à une juste rémunération des producteurs. Autre aspect : les OGM. Ils représentent un pas supplémentaire vers une dépendance accrue des paysans vis-à-vis des firmes multinationales. Aujourd’hui, l’ensemble du mouvement social se dresse contre les chimères génétiques, même si en réponse, la répression ne s’abat, comme en juillet dernier à Guyancourt, que sur les seuls militants de la Confédération paysanne.

Cet été, la sécheresse est venue aggraver la situation de crise. Et là encore, la gestion des pouvoirs publics est déplorable, conjuguant effets d’annonces et mépris de la dimension sociale et humaine. Les aides annoncées ne sont pas à la hauteur et n’iront pas une fois encore à ceux qui en ont le plus besoin.

En cette rentrée, pas de répit pour la Confédération paysanne à l’heure de la conférence interministérielle de l’OMC où la libéralisation des services risque de monter d’un cran au cours de la partie de poker-menteur que se disputent les USA et l’Europe. Avec en toile de fond, les menaces à venir sur les agricultures du monde.

En réponse au sommet de Cancùn, la Confédération paysanne participe à deux temps forts de mobilisation. Le 6 septembre, aux côtés de ses partenaires du mouvement social ; puis le 10 septembre à l’appel de Via campesina, dans le cadre d’une journée d’action mondiale des paysans. Ce jour-là, les négociateurs de l’OMC évoqueront les questions agricoles. Une rentrée sur les chapeaux de roue pour la Confédération paysanne, confortée par cet été 2003 porteur d’espoirs. Elle est totalement mobilisée pour un automne qui est loin de s’annoncer tiède.


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