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Campagnes Solidaires n° 184avril 2004 |
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Pour une frontière qui s’efface, combien de murs se dressent ? Combien de barrières, de découpes sectorielles sont nécessaires dans la conscience et la culture des peuples pour faire prospérer cette conception marchande du monde et la standardisation des productions de quelque nature soit-elle ? Pour faire avancer à marche forcée et comme une chape de plomb cette idéologie porteuse de discriminations, de régression sociale et d’uniformisation, il est nécessaire d’imposer des « nouveaux » codes, des « cultes » où se prosterner devant la modernité triomphante. Afin de museler les expressions diverses, d’enfermer les différences, d’empêcher les communications et les réflexions solidaires, autant de murs s’érigent, souvent de façon insidieuse et masquée, entre les peuples, les communautés, les corporations et les personnes.
Un seul but à cette volonté de cloisonner : empêcher que ne s’expriment des révoltes, des résistances. Réhabiliter un corporatisme d’un autre âge dont tous savent qu’il n’est pas porteur de lien social ni de vision renouvelée de structuration de la société.
Ces murs dont les moins visibles ne sont pas les moins efficaces sont des pièces nécessaires à l’idéologie de la domination. Si leur épaisseur faite de galimatias individualiste et répressif arrivait à empêcher toute communication entre catégories sociales, si l’isolement et la solitude l’emportaient sur le rassemblement, alors les droits fondamentaux des peuples, la dignité et l’autonomie de millions de personnes seraient rapidement réduits à peau de chagrin.
Déjà se développe sur d’immenses territoires vidés de leurs populations une gestion coloniale du foncier avec pour corollaire, ailleurs, plus loin, vers des eldorados promis mais virtuels une gestion coloniale de la main d’œuvre migrante, issue d’une population paysanne ruinée, nouveaux nomades sans repères. Nous pouvons nous donner les moyens d’enrayer cette machine libérale. Nous avons les propositions, restent les murs...
Soyons sûrs que cette gouvernance de l’atomisation ne pourra plus marquer un seul point dès lors que des voix s’élèveront pour faire apparaître des convergences. Celle de la Confédération paysanne en est une, à joindre aux autres. Ainsi morceau après morceau, nous pourrons démonter ces murs en retrouvant le sens de notre travail de syndicalistes, en redonnant un sens politique à la solidarité. Nul ne peut perdre à ce sport-là sauf ceux qui veulent nous enfermer. La course est engagée mais les relais nous seront favorables, pour peu que l’on y mette un peu d’énergie.
Décidément, le métier de passe-muraille est un beau métier !
Confédération Paysanne
104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet
tel +33 1 43 62 04 04 - fax +33 1 43 62 80 03 - courriel