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Campagnes Solidaires n° 188

sept 2004
 

EDITO

Désobéir

Olivier Keller, paysan en Ardèche , secrétaire national de la Confédération paysanne

La Confédération paysanne a la particularité d’inscrire soncombat syndicaf de défense des paysans, bien au-delà du corporatisme, dans un projet de société. Ainsi une majorité de citoyens s’ approprie nos luttes pour les porter avec nous sur la place publique

Ensemble, dans un des pays les plus riches au monde, sans guerre apparente, nous découvrons chaque jour davantage la puissance sour- noise de l’ arme alimentaire à laquelle nous refusons de nous soumettre. De grandes firmes, avec l’aide de nos gouvernants, s’accaparent ou veulent s’accaparer le sol, l’eau, les semences...Elles exigent le brevetage du vivant afin de l’exploiter et le vendre à leur seul profit.

Mais nous sommes là, syndicats paysans et citoyens, ici et à travers le monde, acteurs au sein de vastes mouvements populaires, et nous refusons leur diktat, leur opposant l’intérêt public, notre droit à la souveraineté alimentaire.

Huit ans de combat contre les OGM dans nos champs, dans nos assiettes, huit ans de « travaux pratiques » de résistance à visage découvert, nous ont amené à créer une dynamique où chacun fait sien les enjeux et les outils de la désobéissance civile.

La Confédération paysanne est fière d’être au creur de cette dynamique. Lors de son congrès en avril, dans l’ enceinte combien symbolique du Parlement européen à Strasbourg, elle avait réaffirmé la nécessité de poursuivre le combat contre la prolifération des OGM, soutenant par avance les actions de neutralisation dans les champs cet été. En écho, de plus en plus de collectivités territoriales -régions, départements, communes -, se sont engagées dans le refus des cultures de chimères transgéniques.

Face à un Etat sourd aux appels des citoyens, le collectif des « faucheurs volontaires », fort de 3500 personnes, a appelé à désobéir et à passer à l’action. Désobéir pour que la peste financière, avec la complicité des gouvernements, ne régisse pas notre société. Désobéir pour que la loi privilégie l’intérêt général, pour imposer le respect du principe de précaution. Désobéir pour nos enfants, pour les générations futures.

Paysans parmi les « faucheurs », déterminés et solidaires, le 16 septembre, nous quitterons le tribunal de Toulouse si seulement quelques militants sont poursuivis pour la première de ces actions estivales quand 1500 revendiquent collectivement leur participation. Nous mènerons ensemble et jusqu’au bout ce combat d’intérêt général. Nous sommes de plus en plus nombreux, de plus en plus forts : la victoire est à notre portée.

  • Confédération Paysanne
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