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Campagnes Solidaires n° 192janv 2005 |
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Tout laisse à penser que le rouleau compresseur va continuer sa progression : mise en place des accords de Luxembourg sur la Pac, loi de « modernisation » de l’agriculture, plans de cessations d’activité dans diverses filières... Mais c’est ignorer la capacité dont les paysans peuvent faire preuve dans les moments difficiles.
Ce sont les aviculteurs qui ensemble traînent Doux au tribunal et en ressortent la tête haute. Le roi du poulet a voulu les plumer, il a eu tort de minimiser le ressort dont chacun peut faire preuve. Avec l’appui de la Confédération paysanne, les éleveurs qu’il avait floués l’ont fait condamner à les dédommager.
Ce sont les « faucheurs volontaires », également soutenus par la Confédération paysanne qui, devant les tribunaux de Toulouse puis de Riom, sont reconnus, comme ils le voulaient, solidairement responsables des actions conduites avec succès cet été contre l’envahissement des OGM.
Ce sont les producteurs de lait qui reprennent en main leur avenir, refusant de « se laisser traire » en silence. A coup de subventions, de restructurations, la déstabilisation de leur filière est en cours. Elle avait pourtant su maintenir, grâce à des outils de maîtrise de la production, la rémunération des paysans par le travail. La mobilisation des éleveurs laitiers, à l’appel de la Confédération paysanne, va donc crescendo pour arrêter la casse et obtenir un prix rémunérateur par la maîtrise et une répartition européenne de la production.
Force est de constater que chaque fois qu’ensemble nous nous battons, nous sortons gagnants. Nos actions, qu’elles soient locales ou d’envergure nationale, sont notre façon de communiquer, d’interpeller et de démontrer que la résistance existe et qu’elle est porteuse d’avenir.
Lutter pied à pied pour que les orientations libérales flanchent, lutter pied à pied sur le terrain pour que les paysans se reconnaissent dans nos luttes, appuient nos revendications et rejoignent nos rangs : la Confédération paysanne, syndicat pour une agriculture paysanne et la défense de ses travailleurs, s’est depuis toujours appuyée sur ces deux pieds-là.
C’est là la cohérence de son action : permettre aux paysans une prise de conscience et une démarche à partir de ce qu’ils connaissent le mieux, leur métier, pour comprendre les politiques agricoles et combattre celles qui veulent leur élimination.
Les agricultures paysannes, du Nord comme du Sud, sont d’abord aujourd’hui des actes de résistance. Mais elles sont surtout notre avenir. Que 2005 soit donc une année active pour la construction collective de ce monde que nous appelons de nos vœux.
Christiane Aymonier, paysanne dans le Jura, secrétaire nationale de la Confédération paysanneConfédération Paysanne
104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet
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