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Campagnes Solidaires n° 204

fév 2006
 

EDITO

Une belle rentrée syndicale

Geneviève Savigny, secrétaire nationale de la Confédération paysanne, paysanne dans les Alpes de Haute-Provence.

Il est des moments de la vie syndicale qu’on aimerait pouvoir partager avec tous. La deuxième semaine de janvier, presque la rentrée, a été riche de ces moments.

Le mardi, des producteurs de lait viennent occuper les locaux de l’interprofession laitière à Paris pour demander, à nouveau, après maintes démarches restées vaines, à être représentés dans cette instance et y défendre le prix du lait.

Devant l’arrogance de ces soi-disant représentants professionnels dont l’essentiel du travail consiste à cogérer les politiques de restructuration de la filière (traduisez : l’élimination des éleveurs), le mercredi soir, la centaine de paysans présents déménage le bureau du président du Cniel(1), Henri Brichart. Ils l’emmènent à pied, sous la pluie, en chantant et sous escorte policière, jusqu’au ministère de l’Agriculture afin de signifier clairement aux pouvoirs publics leur responsabilité. Au milieu des lumières de la ville et dans la foule des grands magasins, l’action a pris toute sa place : la juste revendication pour exercer, normalement, démocratiquement, notre représentativité.

Une brèche s’est ouverte, et si l’interprofession laitière ne nous accueille pas les bras ouverts, notre revendication a été entendue, et la réaction agressive du président nous accusant de saccage (c’est une manie !) est la preuve que nous avons frappé juste.

L’action avait été juste. C’est ainsi que le tribunal de Versailles reconnaît que l’arrachage de maïs transgénique à Guyancourt en juillet 2003 était justifié par l’état de nécessité et prononce la relaxe des 9 prévenus, membres de la Confédération paysanne, le jeudi 12 janvier.

À quelques semaines du procès d’Orléans qui prenait en compte pour la première fois l’« état de nécessité » et relaxait 49 « faucheurs volontaires », ce jugement est une grande victoire et confirme une avancée décisive dans notre combat pour préserver un environnement sans organisme génétiquement manipulé. Combat que nous allons amplifier maintenant pour contrer la loi visant à encadrer les cultures d’OGM qui doit être débattue au Parlement dans les semaines à venir.

Ce sont des moments comme ceux-là qui nous donnent la force et l’envie de continuer à nous battre. Des victoires comme en vivent aussi les militants qui se battent pied à pied dans les Safer(2) ou les CDOA(3) pour permettre l’installation d’un jeune contre l’agrandissement des propriétés voisines. À moins d’un an des élections aux chambres d’agriculture, nos combats sont plus que jamais essentiels pour défendre les paysans et paysannes qui résistent à l’offensive d’un modèle unique et destructeur de l’agriculture : une production industrielle, standardisée, dominée par les entreprises agro-chimiques et la distribution de masse.




(1)Centre national interprofessionnel de l’économie laitière.
(2)Société d’aménagement foncier et d’établissement rural.
(3)Commission départementale d’orientation agricole.

104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet
tel +33 1 43 62 04 04 - fax +33 1 43 62 80 03 - courriel
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