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Campagnes Solidaires n° 207

mai 2006
 

EDITO

Refusons la précarisation de nos vies !

Guy Bessin, paysan dans la Manche, secrétaire national de la Confédération paysanne

La jeunesse étudiante et lycéenne, après des semaines de luttes déterminées et exemplaires, a mis en échec le gouvernement et son projet de CPE, précarisation de l’accès à l’emploi, cynique remise en cause du droit du travail. Cette victoire, certes partielle, nous fait chaud au cœur et redonne du sens et de l’espoir à nos combats.

Les remises en cause de nos droits sont dictées par les lois économiques de la mondialisation libérale qui s’appliquent dans quasi tous nos secteurs de vie. L’aviculture et la viticulture en font particulièrement les frais aujourd’hui, et les paysans concernés savent pouvoir compter sur la Confédération paysanne à leurs côtés.

La loi actuellement en débat au Parlement français pour le développement et la dispersion des OGM dans nos champs veut organiser notre dépendance définitive vis-à-vis des firmes agrochimiques. Mais la résistance ne faiblit pas : le front des OGM est tout aussi porteur de victoires contre l’ordre financier que ne l’a été la lutte contre le CPE. Nous serons déterminés auprès des faucheurs volontaires, lors de leur procès en appel à Orléans à la mi-mai, pour confirmer la victoire obtenue en première instance par la reconnaissance de la légitimité de leur action.

De même, à Montpellier le 6 juin, nous serons lors de leur procès en appel aux cotés des paysans qui se sont levés pour défendre notre droit au revenu, notre droit au métier de paysan (cf p.5). Il en va aussi de la défense de nos droits syndicaux.

C’est toujours cette logique économique méprisante qui impose l’émigration à travers le monde de milliers de paysans pauvres, ceux que le fils d’immigré Sarkozy veut « choisir » en les rendant jetables et rejetables par sa loi. Nous devons aussi et avec la même détermination refuser ce projet de loi détestable.

La mobilisation de la jeunesse contre le CPE a redonné vigueur à un mot d’ordre qui nous est cher, celui d’autres mondes possibles. Il passe d’abord par le refus sans concession de la précarisation de nos vies, par le refus d’une société de « compétitivité », violemment inégalitaire, tout simplement invivable.

  • Confédération Paysanne
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