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Campagnes Solidaires n° 212

nov 2006
 

EDITO

Parce que la richesse de notre métier est de nourrir

Régis Hochart, paysan dans le Tarn-et-Garonne,
porte-parole national de la Confédération paysanne
 

Le 27 octobre, la justice avait convoqué Jean-Emile Sanchez, ancien porte-parole de la Confédération paysanne, pour avoir défendu, avec deux cents militants, le revenu des paysans dans une action exemplaire de redistribution de produits laitiers à la population précarisée d’une banlieue lyonnaise (cf p.4).


La justice avait convoqué Jean-Emile Sanchez, mais nous étions 2000 à Vienne ce jour-là. Paysans confédérés, militants solidaires du mouvement de convergence des luttes sociales, nous étions nombreux pour porter une revendication claire : le droit pour chaque homme et femme à un revenu lui permettant de vivre, et pas de survivre !


Paysans, nous voulons que ce revenu soit tiré de notre travail, de nos productions, et non pas d’aides publiques qui nous maintiennent sous perfusion et éliminent les autres paysans du monde. Il faut en finir avec la loi de la jungle du marché mondial. Il faut imposer la souveraineté alimentaire, droit des Etats et des peuples à décider librement de leur agriculture et de leur alimentation, à protéger leurs paysans et leurs territoires ruraux. Il faut imposer en Europe une autre Pac, qui maîtrise les productions, les répartissent entre territoires et paysans.


Partout, la relocalisation des productions et des échanges est la seule alternative pour maintenir l’emploi et conserver la valeur ajoutée sur les territoires. C’est aussi la seule réponse face aux enjeux énergétiques et environnementaux.


Le rôle des instances locales dans ce processus est essentiel, notamment celui des chambres d’agriculture, et surtout si celles-ci décident de travailler en partenariat avec les collectivités territoriales, les autres chambres consulaires et toutes les associations de développement agricole et rural. Nous prendrons à cœur ce rôle dans tous les départements où nous aurons à gérer la chambre d’agriculture à l’issue des élections professionnelles de janvier 2007.


Renforcés par le vote des paysans, nous pèserons sur l’évolution de la politique agricole nationale et européenne. Avec Via campesina, les paysans du monde entier et tous les réseaux citoyens à nos côtés, nous imposerons la souveraineté alimentaire. Nous regagnerons – durablement – notre droit à un revenu pour chaque paysan. Parce que la richesse de notre métier est de nourrir. Parce que cette richesse vaut bien un revenu.

  • Confédération Paysanne
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