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Campagnes Solidaires n° 217

avril 2007
 

EDITO

Les Confédérés aux 48 heures du Mans

Olivier Keller, Paysan en Ardèche,
Secrétaire national de la Confédération paysanne



Au coeur de ce printemps de présidentielle et de législatives, forte de sa représentation d’un paysan français sur cinq, la Confédération paysanne tiendra son congrès au Mans les 23 et 24 mai. Nous nous devons d’y réaffirmer fortement nos positions pour la défense des paysans dans le cadre d’un projet de société revivifié.


Vivrons-nous alors un printemps sans OGM ? Nous avons su convaincre plus de 80% des citoyens et 62% des paysans, avec un argumentaire économique, scientifique et politique des plus solides. C’est le résultat de dix ans d’histoire et de construction syndicale sur une problématique transversale qui touche tous les univers, de l’éthique à l’acte.


Pourtant, dans de nombreux départements lors des élections professionnelles de janvier, la peur du futur s’est paradoxalement exprimée dans le soutien aux institutions, au détriment des solutions politiques et syndicales que nous proposons. Les agrimanagers, les rois des DPU, les « mange ton voisin et tu existeras demain » ont poussé les agriculteurs dans le repli sur soi, aveugles à la disparition de 106 000 paysans en six ans, sourds aux répartitions des productions et des richesses que nous revendiquons.


Du local au global, nous devons décliner nos orientations sous l’étendard de la souveraineté alimentaire, en opposition à la réification et à la marchandisation des biens communs. Les problématiques alimentaires, environnementales et énergétiques, dans le rapport d’asservissement général à l’économie, confrontent bel et bien l’agriculture paysanne à l’agriculture industrielle. La diminution des actifs paysans est la résultante d’un choix économique au service d’un système que nous combattons.


Notre réponse doit être réaffirmée clairement : non, les paysans ne doivent pas être à la solde des marchands. Nous devons conforter le propos de notre précédent congrès, à Die en 2005, où nous revendiquions la reconnaissance d’utilité publique pour notre métier. Faisons vivre le droit au revenu, en opposition à la vente à perte. Répondons au défi énergétique et climatique : relocalisons les productions et les consommations. Ainsi nous installerons et ferons vivre des paysans nombreux sur tous les territoires. Evitons le piège des agrocarburants, bouée de secours de l’institution agricole, niche à contre-emploi qui favorise l’industrialisation au détriment de l’alimentation, de la vie des pays, de l’environnement.


Le congrès du Mans sera celui des vingt ans de la Conf’. Vingt ans déjà de lutte contre l’organisation mondiale des crapules, vingt ans au service de l’intérêt public, pour l’accès de tous à l’alimentation et à un environnement sain, pour l’accès de tous à la terre et au métier de paysan. Soyons en fiers : malgré les menaces qui pèsent sur l’agriculture et notre avenir, nous nous devons encore et toujours de libérer l’espoir.

  • Confédération Paysanne
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