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Campagnes Solidaires n° 218

mai 2007
 

EDITO

Indispensable !

Régis Hochart,
paysan dans le Tarn-et-Garonne,
porte-parole national

Jour après jour, les méfaits de l’agriculture intensive explosent aux yeux de tous. Méfaits sociaux, au Nord et plus encore au Sud. Méfaits économiques avec la paupérisation du plus grand nombre des paysans au travers d’échanges commerciaux incohérents. Méfaits sur la santé humaine, avec la production d’aliments de basse qualité dans l’intérêt de l’industrie agroalimentaire. Méfaits environnementaux par la dégradation des milieux, le rejet de toxiques, le gaspillage énergétique générateur de gaz à effet de serre.

Ici en janvier, les résultats aux élections pour les chambres d’agriculture ont montré que la voie vers l’agriculture paysanne, dans une démarche solidaire, n’était pas facile à entendre et que les chemins vers d’autres politiques agricole étaient semés d’embûches. En suivant, la campagne pour la présidentielle française aura fait peu de place à l’alimentation, à l’agriculture, aux territoires ruraux, renvoyant les paysans au risque de marginalisation sociale qui les guettent par la diminution continue de leurs effectifs. C’est dans ce contexte que va se tenir au Mans, du 23 au 24 mai, le congrès de la Confédération paysanne.

Le sens premier du métier de paysan est de nourrir, pour satisfaire les besoins de chacun aujourd’hui et préserver les ressources naturelles qui permettront aux générations suivantes de se nourrir à leur tour. Mais cette fonction nourricière est devenue un enjeu économique, source de profits immense pour quelques uns au détriment des autres. Si nous laissons faire, des conflits majeurs sont probables. Pour enrayer cette évolution et imposer la souveraineté alimentaire comme base d’une nouvelle politique agricole, alimentaire et environnementale, nous devons plus que jamais continuer à nous battre : la Confédération paysanne était importante, elle devient indispensable !

Les enjeux sont là, clairs, violents même. Pour y répondre, nous devons utiliser intelligemment nos forces. Notre rôle est de défendre les paysans, en leur permettant d’abord de se réapproprier leur métier. C’est un combat de société, bien au-delà du corporatisme, un combat qui trouvera son sens dans les orientations que choisira le syndicat lors de son congrès.

Pour bien débattre et choisir, les militants confédérés se sont mobilisés dans les départements. A l’occasion des assemblées générales de leurs structures, les propositions d’orientation ont été discutées, amendées, des contributions formulées, le débat du congrès s’est construit. Les enjeux pour les paysans et la Confédération sont de taille : il nous faudra être nombreux à porter nos orientations et notre projet dans nos combats, partout. Le congrès sera aussi l’occasion de lancer une grande campagne d’adhésion, notamment auprès des 68 000 paysans, qui, bien que n’étant pas encore adhérents de la Confédération, ont exprimé par leur vote en janvier leur choix de notre projet : nous devons les convaincre du sens qu’aura leur adhésion effective à l’organisation collective qui en permettra la réalisation.

  • Confédération Paysanne
    104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet
    tel +33 1 43 62 04 04 - fax +33 1 43 62 80 03 - courriel