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Campagnes Solidaires n° 219juin 2007 |
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Le score de la Confédération paysanne aux élections professionnelles de janvier était malheureusement précurseur des résultats de l’élection présidentielle. Il ne remet pourtant pas en cause nos motivations, même s’il est très douloureux de subir des revers et les restrictions financières ou humaines qui en découlent.
Plus grave est la répression à l’encontre de deux de nos anciens porte-parole nationaux, José Bové et Jean-Emile Sanchez. Condamnés pour activité syndicale, ils risquent l’emprisonnement dès cet été. Nous devons tout faire pour éviter ça. L’amnistie du nouveau Président de la République devra leur être accordée. Car les actions pour lesquelles ils ont été durement sanctionnés relèvent bien du droit syndical, de la défense collective des paysans, de leur revenu, de leur savoir-faire, contre l’industrialisation de l’agriculture avec OGM et pesticides.
Il nous est indispensable de convaincre les gouvernants et décideurs économiques de maintenir des paysans nombreux sur les territoires et d’appliquer nos projets d’agriculture paysanne. Nos propositions sont reconnues et appréciées partout, soutenues par de très nombreux citoyens, et quand près des deux-tiers des installations se réalisent sans aide publique, souvent sur les orientations de l’agriculture paysanne, des jeunes se tournent vers la Confédération et nourrissent l’espoir.
En ces temps difficiles, nous devons faire des choix. Notre représentativité est un droit légitime, mais ne nous laissons pas piéger : le temps et l’énergie dédiés à ce travail au sein ou auprès des instances officielles sont souvent disproportionnés par rapport à ceux nécessaires pour la défense syndicale, l’organisation des luttes, le débat avec les paysans sur les politiques agricoles et la souveraineté alimentaire.
Nous devons recentrer nos efforts pour constituer ou stimuler des équipes locales avec suivi des adhésions et des actions. Il faut pour cela des moyens forts de formation, sur les politiques économiques, la construction des actions syndicales et leurs volets juridiques, la diffusion et le développement des modes d’agriculture paysanne. Chaque paysanne et paysan, chaque structure de la Confédération doit se sentir acteur d’une dynamique répondant au principe qui nous est cher : « Penser global, agir local ».
Le congrès du Mans vient d’inscrire le développement syndical dans les priorités, avec le lancement d’une vaste campagne d’adhésion. Donnons à cet objectif le contenu humain et syndical nécessaire à sa réussite.
Confédération Paysanne
104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet
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