![]() |
|||||||
Campagnes Solidaires n° 225janv 2008 |
|||||||
|
« Les prix agricoles sont la cause de l’inflation », « les revenus agricoles flambent ». Voici quelques une des réflexions que l’on voir fleurir dans la presse depuis quelques mois.
En fait qu’en est-il ? Les prix des céréales ont effectivement flambé depuis juin dernier. Mais il y a moins de deux ans, Thierry Breton – alors ministre de l’Economie - inaugurait en grandes pompes ( !) la première distribution d’éthanol agrocarburant car le blé était à 80 euros la tonne.
Entre temps, nous sommes passés à une vitesse prodigieuse d’une situation où le blé ne valait pas mieux que d’aller dans les chaudières à la prise de conscience d’un bien rare. Une des causes principales est la baisse de récolte depuis trois ans en Europe, et donc une chute des stocks. La spéculation sur ces denrées, liée à la nouvelle Pac 2003 et à son découplage des aides, est une autre cause.
S’il est bien une certitude, c’est que la planète est une entité finie. Le modèle de développement basé sur une énergie bon marché arrive à sa fin. En agriculture, ce modèle s’est traduit par une consommation de viande de plus en plus importante. D’où le développement de circuits longs et une occupation forte du territoire par des productions destinées aux animaux : 11 millions d’hectares de prairies en France sur 27 millions d’hectares de terres agricoles, à quoi il faut ajouter l’orge, le maïs, les deux tiers du blé consommé, plus les tourteaux de colza et de tournesol, plus le soja importé (1) .
Le système serait encore acceptable si l’on ne se préoccupait pas de la durabilité. Si en plus on se préoccupe de sa généralisation (2) , il paraît difficile de soutenir la dualité entre de grands espaces faiblement intensifiés et des surfaces soumises à de grandes consommations d’intrants. Si demain (d’ici quelques années à 50 ans), l’énergie devient vraiment inabordable (300, voire 500 dollars le baril de pétrole (3) ), l’apport d’engrais tel que pratiqué aujourd’hui ne sera plus possible.
L’autonomie globale passera par une récupération de toutes les matières organiques, par une occupation plus importante du sol tout au long de l’année. Nos systèmes d’alimentation - basés sur la production de céréales laissant un sol nu au moment où le maximum d’énergie solaire est apporté au sol - devront évoluer. L’abandon des terres délaissées par la mécanisation du XXème siècle posera question. Ces terres redeviendront attractives. Il faudra occuper à nouveau des espaces moins favorables aux activités agricoles, développer des activités plus complexes (agroforesterie, élevage sous bois, couvert permanent du sol) et moins propices à la monoculture dévastatrice, développer des cultures et des systèmes nouveaux.
Pour cela, il faudra des paysans, des femmes et des hommes qui se battent pour l’accès au foncier, aux moyens de production, aux crédits, pour la transmission de leurs fermes, contre les spéculateurs.
Pour cela, il faudra la Confédération paysanne.
Confédération Paysanne
104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet
tel +33 1 43 62 04 04 - fax +33 1 43 62 80 03 - courriel