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Campagnes Solidaires n° 226

fév 2008
 

EDITO

La bonne clause

Jacques Pasquier, paysan dans la Vienne,
secrétaire national de la Confédération paysanne


L'annonce faite le 11 janvier par le gouvernement français de l’activation de la clause de sauvegarde sur le maïs transgénique Mon 810 est une étape importante vers une agriculture et une alimentation sans OGM. C'est aussi la reconnaissance d'un combat mené depuis dix ans - presque jour pour jour - par la Confédération paysanne : le 8 janvier 1998, six mois après la première action de fauchage de colza transgénique à Saint-Georges-d’Espéranche (Isère), les militants de la Confédération neutralisaient à Nérac (Lot-et-Garonne) les semences du premier maïs génétiquement modifié destiné à être cultivé en France.

Aujourd’hui, l’occasion est belle pour la Confédération paysanne de remercier toutes celles et tous ceux qui se sont levés durant toutes ces années pour empêcher l’invasion transgénique de nos champs : paysans qui ont refusé et refusent une technologie hasardeuse, militants qui ont décidé – malgré les risques encourus - de désobéir, citoyens, associations, chercheurs, journalistes ou responsables politiques qui ont apporté leur énergie et leur compétence au service d’une salvatrice prise de conscience, et plus largement toutes celles et tous ceux qui soutiennent les paysans et leur syndicat dans cette lutte.

La partie n’est pas encore définitivement gagnée. Dans les semaines et les mois à venir, l’activation de la clause de sauvegarde – qui garantirait de fait l’absence de culture transgénique commerciale en France en 2008 - devra être confirmée par une loi qui garantira le droit pour tous à produire et consommer sans OGM.

Dès le 11 janvier, les semenciers ont relancé leurs puissants relais à la Fnsea et dans les méandres du pouvoir économique et politique. Le président de l’Assemblée nationale, bien avant le passage du projet de loi devant son hémicycle, a déjà porté une violente charge contre la décision gouvernementale. En même temps que le premier ministre annonçait que des doutes sanitaires et environnementaux justifiaient la mise en œuvre du principe de précaution, il ajoutait que la technologie OGM aurait un intérêt pour « relever les défis alimentaires et environnementaux » et qu’il multiplierait par huit les crédits dédiés aux « biotechnologies », à hauteur de 45 millions d’euros.

Pour la Confédération paysanne, les enjeux alimentaires et environnementaux, les problèmes actuels de l'agriculture et de l'alimentation ne peuvent trouver leurs réponses dans des technologies qui ne respectent ni les territoires, ni les savoir-faire paysans, ni la diversité biologique et alimentaire.

Cette résistance contre les OGM n'est qu'une des batailles que nous menons pour obtenir de nouvelles politiques agricoles alimentaires qui soient aussi environnementales et sociales.

Une nouvelle année de lutte commence donc, avec une énergie décuplée par cette première bonne nouvelle. Nous avons tant à faire ensemble !


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