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Campagnes Solidaires n° 235

déc 2008
 

EDITO

Syndicaliste paysanne


François Moraine,
porte-parole de la Confédération paysanne de l’Eure

En ce 12 novembre 2008, plusieurs centaines de militants de la Confédération paysanne, venus de tout l’Hexagone, se retrouvent à Paris. Trompant la vigilance des policiers, une partie d’entre eux investit les bureaux du Parlement européen et de la Commission afin d’y revendiquer une autre Pac, pour un revenu pour tous, tandis que les autres délient de la paille sur le si « chic » boulevard Saint Germain et s’y installent en espérant que l’avenir ne leur réservera pas ce triste sort.


Plus tard, après un défilé bien gardé, non par des bergers mais par des policiers, tous se retrouvent devant la rue de Varenne, bouclée de toute part pour interdire l’accès au ministère de l’Agriculture. Parmi eux, j’apprécie l’esprit de solidarité qui émane de ces éleveurs, viticulteurs, producteurs de fruits et légumes, leur sens du respect, leur ferme intention de porter jusqu’au bout leurs revendications. Leur humour aussi, comme ce final de feu d’artifice où les poulets chargés de notre surveillance sont couverts de plumes, le tout au son de l’accordéon.


Par nature, je n’ai jamais supporté la violence gratuite, l’injustice et la loi du plus fort. C’est donc tout naturellement que je me suis investie dans la Confédération paysanne de l’Eure, tâche qui nécessite beaucoup d’organisation pour concilier travail de la ferme, du foyer, et la représentation syndicale dans des commissions départementales où les rares femmes occupent plutôt les postes de suppléantes…

Et pourtant, un agriculteur sur trois est une agricultrice ! Longtemps reléguées aux multiples et menus travaux de la ferme, elles sont nombreuses à avoir accédé au statut de conjointe collaboratrice, la deuxième place derrière le chef, en sorte… Certaines ont franchi le pas et se sont installées comme paysannes à part entière : leurs dossiers n’en ont été que plus scrupuleusement décortiqués lors du passage devant les jurys et commissions. Place chèrement gagnée ! Et malheur à celles dont le projet se termine en échec !

Plus rares encore sont celles qui s’investissent dans un syndicat. J’ai eu le plaisir de les voir plus nombreuses en cette journée de mobilisation à Paris. Il est vrai que les causes défendues par les moutonniers, les maraîchers et autres producteurs de petites structures, les concernent plus directement, car elles représentent sur ces fermes une main-d’œuvre incontournable. Ce sont les productions les moins défendues dans le contexte de la Pac, et pourtant elles répondent à la vocation première : apporter à tous une alimentation saine, propre à leur pays, leur région, leur culture.


Pour la souveraineté alimentaire, pour une autre Pac, pour la défense du revenu des producteurs : le monde a besoin de toutes ses paysannes, la Confédération paysanne aussi !

  • Confédération Paysanne
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    tel +33 1 43 62 04 04 - fax +33 1 43 62 80 03 - courriel