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Campagnes Solidaires n° 243

sept 2009
 

EDITO

Des actions, des acquis,
allons plus loin au niveau européen !

Yves Leperlier,
paysan dans l’Orne,
responsable de la commission « lait de vache » de la Confédération paysanne


Face à la crise laitière, les actions menées depuis un an en France par la Confédération paysanne ont conduit le ministère de l’Agriculture à ne pas redistribuer d’autorisation à dépasser son quota de production, en maintenant les allocations provisoires à 0 % et en obtenant le gel de l’augmentation européenne de 1 %. Cela va se traduire pour la campagne 2009- 2010 à ne produire que 95-96 % du quota national. C’est déjà une bonne chose : il ne faut plus de marchandise sans marché !

Les quotas laitiers restent actifs jusqu’en 2015. Leur but, à leur création en 1984, était de parvenir à un meilleur équilibre offre-demande. Les augmenter pour ensuite les supprimer, comme le propose la Commission européenne, ressemble à la folie d’un pompier jetant de l’essence sur le feu qu’il est censé devoir éteindre !

Concentrons notre énergie à obliger les politiques nationales et européennes à maintenir les quotas. Le respect d’un quota individuel de production, avec pénalité si dépassement, doit être généralisé en Europe, ce qui n’exclut pas les aménagements pour les petites références. Il faut en finir avec les dérives révoltantes, comme ce producteur du Nord de l’Allemagne, cité dans la revue d’une coopérative laitière, qui a deux millions de litres de quota et qui les dépasse de 900 000 litres sans pénalité…

Nous avons les outils pour résoudre la crise. C’est pourquoi la stratégie de la Confédération paysanne est de défendre les quotas laitiers ; ce ne sont pas eux qui en sont la cause, mais leur mauvaise gestion. Et la solution n’est surtout pas l’abandon des mécanismes régulateurs du marché et le retour à l’accumulation des surplus dans les frigos et les entrepôts européens (90 000 tonnes de beurre et 250 000 tonnes de poudre de lait depuis janvier 2009).

Par nos actions syndicales en France, nous avons fait actionner des outils de maîtrise, mais c’est bien insuffisant.
L’avenir n’est pas dans une contractualisation qui intègre et fait supporter aux producteurs le coût des excédents écoulés sur le marché mondial. Il est dans un contrat tripartite entre pouvoirs publics, producteurs et transformateurs, engagés à rechercher l’équilibre entre l’offre et la demande pour la meilleure valorisation du lait. Le souci de répartition entre producteurs et régions doit prévaloir sur toujours plus de concentration et de dérégulation. Il y a urgence pour cela à agir plus fortement au niveau européen : ne revenons pas à des politiques nationales qui se font concurrence !

  • Confédération Paysanne
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