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Campagnes Solidaires n° 246

déc 2009
 

EDITO

Un combat pour tous

Dominique Lebreton,
porte-parole de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique

Certains paysans qui ne sont pas producteurs de lait se sont sentis oubliés dans les multiples actions menées ces derniers mois sur les problèmes laitiers. Derrière ces actions pour retrouver un prix du litre de lait rémunérateur, c’est en fait un choix de politique agricole que l’on défend : la production laitière reste, jusqu’à ce jour, la seule filière organisée avec une maîtrise de la production et des outils de régulation que la Pac de 2003 a mis à mal.

Se battre pour conserver ces outils, c’est regarder l’agriculture comme une activité qui répond aux enjeux de l’alimentation, de la préservation des ressources naturelles et de l’aménagement du territoire. C’est à l’opposé de ce qu’attendent de nous les industries agroalimentaires, qui ne nous perçoivent que comme des producteurs de matières premières.

Jamais ne sont ressorties avec autant d’acuité les divergences d’intérêts entre les transformateurs qui doivent faire face à la concurrence et cherchent à s’approvisionner aux coûts les plus bas, et les paysans qui s’inscrivent dans une agriculture multifonctionnelle à taille humaine.

Il m’apparaît évident que seuls les pouvoirs publics sont en capacité de gérer ces divergences d’intérêts. Croire qu’une contractualisation entre un transformateur et un producteur sera en mesure de régler le problème de l’approvisionnement des produits alimentaires et la prise en compte des contraintes de territoire est un leurre. La commission agricole européenne, avec Mariann Ficher Boel, a fait le choix de l’agriculture industrielle de type danois, très performant pour alimenter les industries mais très peu performant pour procurer du revenu aux éleveurs. La commissaire, dont on a gagné le départ, ne devrait plus s’exprimer. Elle n’a plus de légitimité.

A travers toutes les actions que nous menons depuis plusieurs mois, nous avons gagné beaucoup de choses, comme le gel des augmentations de quota, les pénalités qui devraient s’appliquer à tous les pays. Nous avons gagné le soutien de la population, de beaucoup d’élus locaux et européens qui partagent notre combat. Nous avons obtenu des ministres européens de l’agriculture qu’ils remettent le dossier sur la table.

Ce combat des éleveurs laitiers est celui pour un modèle agricole européen qui permettra d’avoir des prix rémunérateurs pour toutes les productions. C’est pourquoi les producteurs de porc, de viande bovine, de moutons ou de fruits et légumes, doivent se sentir concernés par cette lutte syndicale et profiter de celle-ci pour poser des revendications.

  • Confédération Paysanne
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