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Campagnes Solidaires n° 250

avril 2010
 

EDITO

On exclut, on expulse !

Non, ceci ne concerne pas les squatteurs de Bagnolet que la Confédération paysanne a dû recueillir (cf. CS n°149) mais les paysans qui subissent des politiques agricoles néfastes.

La période du Salon de l’Agriculture, propice aux rencontres, nous a conduits vers les responsables français et européens. Le bilan est inquiétant.

Dacian Ciolos, le nouveau commissaire européen, souvent présenté comme une chance pour l’agriculture, explique clairement que l’Europe regroupe 27 pays aux intérêts divergents, que la fin des quotas est un sujet clos et que leur augmentation est actée. Il affirme aussi que l’industrie agro-alimentaire compte beaucoup pour l’Europe, mais qu’il existe un espace pour une autre agriculture… et qu’il attend nos propositions !

Le ministre Bruno Le Maire qui se prétend le chevalier blanc de la régulation en Europe nous prépare une loi de modernisation bien adaptée aux plus forts. Les autres, ceux qui n’auront pas les moyens de s’assurer, de souscrire des dotations pour aléas ou d’investir sur le marché à terme, devront se débrouiller seuls et sans filet de sécurité.

Le président Sarkozy, à qui la Confédération paysanne demande une réorientation fondamentale de la politique agricole actuelle, répond à côté de la question par un allègement des obligations environnementales et une enveloppe de cinquante millions d’euros de bonifications de prêts dont les paysans sont déjà surchargés.

Le bilan de ces trois rencontres ne peut qu’inquiéter. L’implication des pouvoirs publics dans la gestion de l’agriculture, la nécessité de la solidarité, les enjeux d’une agriculture adaptée aux besoins alimentaires des Européens, l’urgence du changement de pratiques et de systèmes d’exploitation, ne sont toujours pas au cœur des préoccupations de nos décideurs politiques. Nous devons, avec tous nos partenaires, imposer le changement de politiques agricoles, à l’opposé de celles qui gavent les systèmes financiers et broient les paysans. A chacun d’interpeller ses parlementaires français ou européens afin d’élargir les brèches s’ouvrant dans l’idéologie libérale, discréditée mais toujours plus arrogante.

Les débats qui se dérouleront à notre assemblée générale des 4 et 5 mai à Montreuil devront imaginer ou confirmer des solutions pour que chaque paysan ait un revenu et un avenir.

Il faut sonner la fin de l’expulsion et de l’exclusion des paysans

André Bouchut,
paysan dans la Loire,
secrétaire national de la Confédération paysanne
 
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