La confédération paysanne inscrit les grandes cultures dans son projet pour une agriculture paysanne. Ainsi, dans ce cadre, ces productions contribuent à atteindre les objectifs suivants :
Un revenu basé sur des prix rémunérateurs. Ces prix pourraient être obtenus par la maitrise de l’offre limitée à la consommation, les quantités produites étant équitablement réparties par actif agricole. Les aides publiques ne viendraient plus qu’en compensation de handicaps naturels et/ou structurels.
Une meilleure autonomie par une indépendance protéique et énergétique qui permettrait aussi la réintroduction des protéagineux et des oléagineux dans des rotations diversifiées plus respectueuses de l’environnement.
Le développement local en privilégiant les filières courtes, pour une relocalisation de l’économie, un maintien de la valeur ajoutée pour répondre aux besoins énergétiques sans concurrencer la sécurité alimentaire.
Une meilleure qualité des produits par la désintensification des systèmes de production. La Confédération Paysanne soutient toute agriculture réellement respectueuse de l’environnement et de la santé des consommateurs : l’agriculture biologique bien sur mais aussi une « troisième voie » entre la bio et le conventionnel. Celle-ci utiliserait tous les moyens de protection naturels des cultures (rotations longues et diversifiées, lutte biologique) mais ne s’interdirait pas une utilisation modérée de pesticides en dernier recours. Ces systèmes de production s’inscrivent dans une approche globale qui redonne toute sa place à l’agronomie et par là tout son sens au métier de paysan.
Pour cela, la Conf’ juge nécessaire de mettre en œuvre les mesures suivantes :
Réformer la PAC en encourageant certaines pratiques par des incitations positives et défavoriser les pratiques néfastes.
Mettre en œuvre de réelles MAE pour améliorer les pratiques (aide rotationnelle,...)
Interdire les pesticides avérés dangereux,
Mise en place d’une gestion collective de l’eau en privilégiant selon les disponibilités un plafonnement en volume par actif et maintien de l’irrigation uniquement dans une optique de sécurisation d’un rendement minimum.
Casser l’intégration amont/aval qui conditionne les pratiques avec ses conseillers-prescripteurs-vendeurs.
Refondre le système de conseil qui doit être indépendant et s’inscrire dans la mission des Chambres d’agriculture ;
Promouvoir la production de l’huile végétale pure en légalisant son utilisation comme biocarburant et en développant le conseil agricole pour sa production et son utilisation,
Protection de la semence de ferme et rééquilibrage du rapport de force entre paysans et semenciers afin de défendre le droit inaliénable des paysans à ressemer une partie de leur production.