La notion de commerce équitable est née au début des années 1960 et vise à garantir au producteur un tarif de vente minimal, au prix d'un surcoût volontairement accepté par le consommateur. Son slogan de base est celui « pour un commerce juste, mais pas de l'assistanat ». Depuis cette notion tend à s’imposer comme une réponse possible au caractère inégal des échanges du commerce mondial, de corriger au mieux les préjudices vécus par ces producteurs en leur garantissant des conditions de vie décentes par l'application de critères économiques et sociaux, de répartir de façon plus juste la valeur ajoutée entre producteurs et importateurs et de leur assurer une meilleure stabilité des prix et des revenus. Le commerce équitable a également pour vocation de développer une consommation "éthique" et "citoyenne" par l'information et l’acte d’achat.
La Confédération paysanne inscrit « l’équité des échanges » au cœur de son projet. Avec d’autres partenaires, elle intervient pour faire appliquer une autre définition du commerce équitable, que celle portée par l’AFNOR et qui ne peut se réduire seulement à l’équité des échanges Nord-Sud. Avec le risque de privilégier une nouvelle fois les grandes entreprises de distribution. En effet, nous nous élevons contre l’absurdité consistant à faire faire 2 000 km à des salades alors que la grande distribution étrangle le maraîcher qui se trouve à ses portes, contre les salaires de misère octroyés aux ouvriers marocains dans les serres intenables d’El Ejido en Andalousie pour casser les prix des paysans français et italiens, contre le gaspillage économique et les destructions écologiques consistant à importer par avions des roses d'Afrique du sud, qu’elles soient ou non issues d’un commerce prétendument équitable.
A travers le commerce équitable, nous pensons qu’il est possible d’instaurer plus d’équité dans tous les échanges commerciaux, qu’il s’agisse d¹échanges avec les producteurs français ou ceux d’autres pays, du sud ou du nord de la planète. On arrive, là aussi à des situations aberrantes où les exportations des pays riches (car plus subventionnées) concurrencent les paysans des pays moins productifs (car moins subventionnés) sans pour autant assurer la survie de leurs propres paysans. Ces dix dernières années, le nombre d’exploitations "à plein temps" est passé aux Etats-Unis de 2 millions à 870 000 tandis qu’en France, 25 000 agriculteurs sont contraints chaque année d’abandonner leurs terres, 40% ayant un revenu inférieur au SMIC. Et par une politique de soi-disant «bas prix » des milliers de commerces de proximité, de petites entreprises et d’emplois disparaissent ! Face à cette situation, l’attitude charitable consistant à assurer une rémunération prétendument correcte en direction seulement des " petits producteurs du Sud " n'est pas adaptée au déséquilibre des échanges nord-sud et ignore la situation des travailleurs du nord, ramenés pour la «cause » à leur seul rôle de «consommateurs » !
Pour la Confédération paysanne, l’équité dans les transactions commerciales consiste à donner une rémunération "équitable" au producteur quel qu’il soit, où qu’il soit, et à ses salariés s’il s’agit d’une entreprise, ainsi qu’aux intermédiaires indispensables (transporteurs, transformateurs, commerçants).
Confédération Paysanne
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