Eau et agriculture, un lien indissociable

La ressource en eau malmenée

Pour les paysans, l’eau est indispensable à la production : il s’agit d’une sécurité, une assurance de bonne récolte tant en quantité qu’en qualité. Mais aujourd’hui, les logiques productivistes  ont largement pris le pas sur le bon sens.

Sous l’effet de l’industrialisation de l’agriculture et de la PAC, les cultures intensives fortement exigeantes en eau, comme le maïs, se sont fortement développées en France.

En même temps, d’année en année, les épisodes importants de sécheresse dus aux déficits pluviométriques se succèdent et s’amplifient.

Parallèlement, les pratiques agricoles les plus courantes privilégient l’usage de pesticides et d’engrais azotés qui ne sont pas sans effet sur la baisse de qualité de nos eaux de surfaces comme des eaux souterraines (cf. étude de l’IFEN, août 2006). 

Préoccupées par ces questions, beaucoup d’ONG  de l’hexagone se mobilisent pour réclamer des mesures de luttes contre la pollution de l’eau, un changement des pratiques agricoles et de meilleurs répartition et gestion de la ressource.


" (...) les gouvernements mènent des politiques contradictoires avec la protection de la ressource. Malgré les engagements pris à Johannesburg, les plans de gestion intégrée des eaux servent trop souvent de « paravent » à la poursuite d’une gestion sectorielle des eaux néfaste à la qualité de l’eau et aux équilibres naturels.

Les discours vertueux sur la « bonne gestion » des eaux d’irrigation ou sur l’usage « raisonné » des produits phytosanitaires ne suffisent plus. L’agriculture intensive, par un recours systématique aux engrais et pesticides chimiques, entraîne une pollution irrémédiable de la ressource en eau et une mise en danger irresponsable de la santé humaine.

Les zones humides, garantes de l’approvisionnement en eau à long terme, sont asséchées au profit de systèmes d’irrigation qui entraînent gaspillage et raréfaction de la ressource. Cette même agriculture industrielle encourage toutes sortes de cultures inadaptées au contexte local et destinées à l’exportation, menaçant la souveraineté alimentaire des pays du Sud et alimentant les conflits autour de l’usage de l’eau.

Pour assurer un accès durable à la ressource en eau, la France doit cesser d’encourager une agriculture productiviste lourdement subventionnée et plaider pour une diminution drastique des cultures gourmande sen eau. Elle doit soutenir : une agriculture vivrière locale n’ayant pas ou peu recours aux intrants chimiques polluants ; la protection des milieux naturels et spécialement des zones humides dans les projets de développement ; la mise en place effective de plans de gestion intégrés (…) "
Extrait de l’Appel des ONG françaises à l’occasion du forum mondial de l’eau, 16-22 mars 2006, Mexico : ADEDE, AITEC, Les Amis de la terre, CCFD, Eau Vive, Ingénieurs sans frontières, Hydraulique sans frontières, réseau Foi et Justice, 4D, Confédération paysanne.

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