La PAC actuelle est le résultat de la succession des réformes de la politique agricole en 1992, 1999, 2003 établies en fonction des critères de l’OMC. Elle n’est légitime ni sur le plan international (dumping) ni sur le plan social (inégalités). Une autre Politique agricole européenne est nécessaire pour répondre aux enjeux alimentaires, environnementaux, énergétiques et sociaux.
C'est pourquoi la Confédération paysanne avec de nombreuses organisations, s'est mobilisée pour défendre une Politique Agricole Alimentaire, Environnementale et Sociale, à Annecy, (en parallèle du Conseil des Ministres européens de l'agriculture réunis par Michel Barnier)
Cette manifestation citoyenne et paysanne et festive s'est déroulé les 21 et 22 septembre 2008 pour appeler les gouvernements de l'Union Européenne à réorienter dès maintenant les politiques agricoles et les modes de production, pour répondre aux besoins des citoyens et aux défis mondiaux de ce siècle.
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Les enjeux d'une autre politique agricole européenne
L’enjeu alimentaire
La réforme de la PAC de 2003 selon les accords de Luxembourg, adaptée aux accords de l’OMC, contribue à l’échec cuisant des politiques néolibérales et des drames provoqués par les marchés mondiaux des denrées alimentaires. La mondialisation libérale n’a pas créé les richesses escomptées. Parmi les 850 millions de personnes qui souffrent de la faim, 650 millions sont des paysans. Dans la concurrence qui s’annonce entre alimentation et énergie, la Confédération paysanne affirme que nourrir les populations est une priorité vitale et absolue.
L’enjeu environnemental et énergétique
Réchauffement climatique et déclin des ressources fossiles vont avoir rapidement des conséquences importantes sur l’agriculture. La demande énergétique semble insatiable, dopée par la mondialisation des échanges. Quelle que soit la perspective de développement des agro-énergies, la planète agricole et forestière ne pourra jamais pallier l’épuisement des ressources fossiles.
L’enjeu social
Les flux migratoires planétaires s’amplifient, générés par l’excès de misère dans les pays pauvres. Les pays du Nord ne sont pas épargnés. Le monde rural n’est pas le dernier à subir la loi de l’injustice : l’agriculture d’entreprise est largement alimentée de fonds publics quand l’agriculture paysanne, qui résiste malgré tout aux investissements dans la mise aux normes et à la concurrence d’importations à bas prix, doit redoubler d’imagination pour survivre.
Ces enjeux vitaux imposent une autre Politique agricole européenne
Les responsables politiques doivent avoir le courage de conduire une politique réellement moderne, une politique qui allie les missions économiques, sociales et environnementales de l’agriculture et de ses paysans.
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Il faut une autre politique agricole européenne" (novembre 2007)