La Coordination Européenne Via Campesina sera présente au Forum sur la Souveraineté Alimentaire des Peuples 2009, organisé du 13 au 17 novembre à Rome en parallèle au Sommet mondial de la FAO sur la sécurité alimentaire. Parmi plus de 400 délégués venant de 70 pays différents, porte-parole des organisations de petits producteurs, paysans, pécheurs, Peuples Indigènes, ouvriers agricoles journaliers et du système agroalimentaire, jeunes des zones rurales, femmes et bergers en même temps que les représentants des communautés urbaines qui sont victimes de l’insécurité alimentaire et des ONGs, les paysans européens de Via Campesina continuerons le travail pour répondre au problème de la faim qui touche aujourd'hui plus d'un milliard de personnes.
Les causes sont multiples mais se résument à l’incapacité des États et institutions régionales et mondiales de mettre en œuvre des politiques agricoles et alimentaires qui donnent priorité à l’intérêt public. Guidés par des entreprises multinationales, qui opèrent selon la seule logique du bénéfice, et par les institutions non-démocratiques d’idéologie néolibérale, les solutions réelles n'ont pas été assez développées tandis que la marchandisation et la spéculation sur la terre et les produits alimentaires continuent.
La responsabilité de l'Europe est importante. Ses politiques agricoles productivistes favorisent les excédents et le dumping sur les marchés des pays du Sud au détriment des paysanneries locales et nos pays participent à la spéculation mondiale sur les produits alimentaires. Les multinationales des semences, de l'agroalimentaire ou de la grande distribution qui se sont développés en Europe sont aujourd'hui très agressives sur la scène mondiale, et contribuent largement à l'accroissement de la paupérisation.
En 1996, le Forum de la Société Civile lançait le principe de Souveraineté alimentaire, en réponse au 850 millions d'affamés d'alors. La souveraineté alimentaire, c' est le droit des populations et des nations à définir leurs propres politiques alimentaires et à promouvoir des systèmes d’alimentation locaux, respectueux des moyens de subsistance des populations, des cultures et de l’environnement.
En 2009, après des années de fausses solutions qui n'ont fait qu'aggraver les crises, Le Forum de la Souveraineté Alimentaire des Peuples continuera à travailler à la modification des politiques agricoles et alimentaires, pour le développement d'une agriculture paysanne, le rapprochement des urbains et des paysans, la lutte pour l'accès au moyens de production et contre l'accaparement des terres.
Ces positions seront portées au Sommet mondial de l'alimentation de la FAO du 16 au 18 novembre.
La Via Campesina défendra la nécessité d’une nouvelle gouvernance pour l’alimentation et l’agriculture afin de résoudre la crise alimentaire ainsi que l’actuelle crise du climat. Les politiques alimentaires ne doivent pas être laissées entre les mains du «club des donateurs» et des institutions financières. Un système de gouvernance démocratique, à l’image de celui évoqué au sein du Comité de la sécurité alimentaire mondiale de la FAO, doit être mis sur pied immédiatement pour garantir aux pays et aux peuples du monde le droit à mettre en œuvre la souveraineté alimentaire.
C'est dans le cadre d'un dialogue ouvert et constructif entre les gouvernant et la société civile la plus touchée par la question de la faim et de la production alimentaire, que pourront se construire des solutions durables à la crise.