26 mai 2004
Alors que se termine la quinzaine du commerce équitable, la Confédération Paysanne, qui se bat depuis des années aux côtés des acteurs de la solidarité internationale pour changer les politiques agricoles et économiques de l'UE, se félicite du succès de cet événement. Elle constate cependant que derrière les louables intentions des uns se cache le calcul politique des autres. Il en va ainsi de la grande distribution (et notamment les enseignes Leclerc et Carrefour) qui tente de récupérer ce concept pour mieux cacher ses pratiques quotidiennes d'exploitation des producteurs et d'infantilisation des consommateurs.
Aujourd'hui, d'un bout à l'autre de la planète, la logique marchande, uniquement basée sur le profit et la concurrence, a pris le pas sur les solidarités et les démarches éthiques.
Pour notre syndicat paysan, la notion de commerce équitable est donc plus que jamais pertinente. En effet, l'équité, entendue comme droit au partage juste des richesses produites et à l'accès des plus faibles à un revenu décent, constitue une des bases de nos revendications. Or, ce qui fait le quotidien des paysans du Sud est en train de se reproduire au sein même de l'Union Européenne.
Avec la baisse permanente des prix à la production (- 25 % en moyenne en dix ans), 40 % des paysans français ont ainsi un revenu inférieur au SMIC et 20 % inférieur au RMI.
Face à cette réalité douloureuse, les paysans sont amenés à réduire en permanence leurs coûts de production, au détriment de l'environnement, de la qualité des produits, et du bien être social de leur famille et de leurs salariés.
Les paysannes et les paysans qui refusent ces pratiques contraires à leur éthique sont condamnés soit à survivre grâce à un investissement personnel déraisonnable, soit à stopper leur production. Chaque année en France, ils sont ainsi entre 30 et 40 000 à mettre un terme à leur activité.
Pour la Confédération Paysanne, la notion de commerce équitable est donc un des piliers nécessaires à la réalisation de la Souveraineté Alimentaire. Mais elle n'est pas la seule. Des politiques de répartition des productions, de gestion des marchés agricoles, de garantie de prix, de contractualisation entre l'amont et l'aval et de protections douanières sont indispensables pour que partout, le commerce devienne équitable pour tous.
Confédération Paysanne
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