Le 30 Août, le tribunal de Tel Aviv a prononcé la liquidation de l’entreprise agroalimentaire Agrexco. L’administrateur judiciaire va mettre à l’encan, partie par partie, ce qui reste du prédateur de droits. La Confédération paysanne, membre active de la Coalition contre Agrexco, se réjouit de la disparition d’un agent déterminant de la colonisation et de l’asservissement des populations paysannes palestiniennes qui disparaissent. Toutefois, elle reste vigilante, consciente du fait que, du dépeçage de cette firme, naîtront certainement d’autres outils d’exploitation des terres colonisées et des travailleurs.
Agrexco au bord du gouffre ? 12.07.2011
Serions nous en voie d'aboutir et réussir à voir Agrexco disparaître de Sète et d'Europe ? L'évolution de la situation de l'entreprise israélienne ne s'améliore pas et tout laisse penser aujourd'hui que son existence elle même est en danger. Nous savons que hurler aux difficultés économiques, voire les provoquer sont des procédés patronaux utilisés pour mieux licencier, restructurer et au final vivifier les revenus des actionnaires. Mais nous savons aussi que la concurrence entre requins capitalistes est sans pitié et que certains y laissent leur peau. Rien ne serait plus présomptueux que d'affirmer que les difficultés d'Agrexco sont l'unique conséquence des campagne de boycott en France et en Europe, pour autant les information économiques de source israéliennes et européennes n'ont pas manqué de souligner, dès le début, que la baisse des parts de marché en Europe était un des éléments importants à l'origine d'une successions de complications. Le fait que les producteurs se tournent vers d'autres exportateurs atteste également que le label "Carmel-Agrexco" n'est plus porteur, au contraire ! Nous pouvons donc affirmer que le facteur Boycott a été un élément déclenchant ou aggravant de la crise actuelle. On comprend mieux aujourd'hui la tentative désespérée lancée en décembre dernier par Agrexco, l'ambassade d'Israël en France, le CRIF etc. pour tenter de saborder le boycott d'Agrexco via l'opération "fraises de gaza".
Un article paru dans la Lettre M (lettre économique de la Région) confirme les difficultés économiques et souligne le désarroi du responsable du Port de Sète qui n'a pas de "planB" et ne voit rien d'autre à faire que "croiser les doigts" , belle perspective !
Marc Chevallier, président de l’EPR Port Sud de France. « Nous croisons les doigts pour qu’Agrexco trouve de nouveaux actionnaires, confie-t-il à La Lettre M. À ce jour, le terminal fruitier est livré, mais n’a pas reçu l’ombre d’une caisse. Reefer Terminal Sète (RTS, exploitant du terminal fruitier, NDLR) mène des prospections commerciales pour trouver d’autres clients. J’espère que tout sera réglé d’ici à fin août, afin que RTS puisse lancer le trafic. Le groupe Orsero, la Région L.-R., et l’EPR Port Sud de France ont des intérêts liés : terminal fruitier, acquisition d’un nouveau portique… beaucoup d’argent a été investi dans cette affaire. » (Lettre M)
Dans le précédent communiqué en date du 22 juin 2011, la Coalition demandait " avec fermeté une nouvelle fois au Conseil Régional LR de revoir sa position, d’abandonner immédiatement son soutien à cette firme et de refuser dès aujourd’hui l’accès au port des bateaux d’Agrexco". Au moment où le gouvernement Grec bloque manu militari la flottille de la Liberté2, au moment où les compagnies aériennes de plusieurs pays européens empêchent illégalement, sur injonction d'Israël le départ de centaines de passagers de l'opération "Bienvenue Palestine", la Région Languedoc-Roussillon reste à l'avant garde des violations du droit en continuant d'accueillir les bateaux et les produits du crime d'Agrexco.
Nous espérons que chacun prendra enfin la mesure des mensonges proférés sur les créations d'emploi dans le port de Sète grâce à Agrexco. 200, 300 emplois annonçait G. Frêche pour faire taire les opposants à la venue d'Agrexco ! Nous avons dit combien l'argument de l'emploi était malhonnête et qu'il s'agissait avant tout de privatiser la main d'oeuvre portuaire afin de la précariser au maximum et la mettre en concurrence pour en finir avec les restes du statut des dockers. (Voir vidéo : "le mensonge des emplois" : http://www.coalitioncontreagrexco.net/node/35).
Nous avons dit que le type de développement libéral choisit par la région allait à l'encontre non seulement des emplois salariés de Sète mais aussi des emplois paysans de la Région.
G. Frêche était vraiment la "tête de pont" du sionisme dans la Région, son successeur a visiblement choisit de marcher dans ses pas. Dommage pour lui car l'entreprise disparue, il sera pour les opposants à Agrexco celui qui a collaboré jusqu'au bout avec Israël et pour ceux qui avaient cru aux promesses des emplois Agrexco, il sera celui qui trahit ses engagements.
La lutte contre Agrexco se mène désormais à l'échelon européen.La Coalition France poursuit ses démarches juridiques pour empêcher le débarquement des marchandises criminelles d'Agrexco sur le port de Sète.
Boycott total d'Agrexco
Agrexco Dégage !
Coalition contre Agrexco France

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| Première manif contre Agrexco à Montpellier, le 25 juin, un millier de personnes devant le conseil régional. Photo JML- CCIPPP |
La Confédération paysanne ré affirme que la sécurité alimentaire passe par le maintien et la création de nombreuses fermes et non par l'éradication programmée des paysans.
Les importations massives (via Agrexco implantée à Sète par le Conseil Régional) de fleurs, de fruits et légumes largement subventionnés en Israël vont contribuer à accélérer la disparition de centaines d'exploitations de maraîchers et arboriculteurs pour cause de concurrence déloyale. Dans le même temps des dizaines de milliers d'hectares de terre se libèrent pour cause d'arrachage de vignes où pourraient s'opérer des reconversions. Une immense majorité de ces produits provient des terres palestiniennes dont les paysans sont expulsés. Aucune traçabilité n'est appliquée sur ces produits, afin de masquer leur réelle origine ainsi que les conditions sociales de leur production.
Nous refusons la complicité politico-économique qui entérinerait la politique coloniale d'un état et participerait à la destruction de milliers d'emplois agricoles en Languedoc Roussillon.
La Confédération paysanne ré affirme la nécessité de soumettre les échanges commerciaux et les accords économiques à la primauté des droits de l'homme, des droits paysans. Les intérêts de la firme Agrexco dans ses visées exportatrices sur le port de Sète sont contraires aux intérêts du peuple palestinien, des paysans du Languedoc et plus largement des paysans européens. Nous avons besoin d'une politique de développement agricole régionale qui tienne compte d'abord des aspirations de sa population et des intérêts des paysans plutôt que des intérêts financiers d'une entreprise agroalimentaire prédatrice de droits.
Nous refusons que le port de Sète devienne la porte d'entrée de produits agricoles issus de politiques coloniales.
La Confédération paysanne appelle à se joindre à la protestation du 24 et 25 Juin et s'engage à travailler avec les syndicalistes salariés du port de Sète précarisés pour proposer des alternatives à l'utilisation des fonds publics annoncés (200 Md'€...)
Ne construisons pas l'avenir de la région sur l'éradication des paysans palestiniens et la fin des paysans languedociens !
Janvier 2010 : La Coalition contre Agrexco s'invite aux voeux du président de région G. Frêche !
Plus d'informations, voir le dossier complet en cliquant ici
Reportage de la télévision Al-Jazeera sous-titré en français
Rassemblement le 25 juin, devant le Conseil régional (matin)
Marche contre l'apartheid en Palestine et contre Agrexco , marche de protestation de La Paillade jusqu'au centre-ville de Montpellier, le 25 juin après-midi.
En pleine guerre contre la population de Gaza en janvier dernier, le président de la région Languedoc-Roussillon, engageant tout le conseil régional, annonçait à grand renfort de promesses d’emplois et de subventions régionales l’implantation dans le port de Sète de l’entreprise israélienne AGREXCO. Incluant cette opération dans un plan d’investissement de 200M d’€ sur 10 ans, il promettait – sur fond d’élections régionales prochaines - la création de 200 emplois et 500 000 t de trafic supplémentaire.
Même si l’opération médiatique est certaine, il n’en demeure pas moins que l’opérateur portuaire italien GF Group a remporté l’appel d’offres pour l’exploitation d’un terminal fruitier et d’un terminal conteneur pour « Port Sud de France » (nouveau nom selon Frêche du port de Sète) et qu’AGREXCO a remporté l’appel d’offres d’exportation des fruits et légumes et signé convention avec la Région. Si l’on ajoute les divers déplacements –largement médiatisés - en France des responsables de ces deux groupes et ceux du président de la Région en Israël, tout indique que le processus est engagé et qu’une « politique de l’autruche » serait lourde de conséquences.
LA POLITIQUE DES DROITS DE L’HOMME DE L’ÉTAT D’ISRAËL CONDAMNÉE PAR LE PARLEMENT EUROPÉEN
En 2002, le parlement européen s’est prononcé pour la suspension des « accords d’association » avec Israël en raison du non respect par Israël des droits de l’Homme (en Palestine mais aussi en Israël à l’égard des arabes israéliens). Le 4 décembre 2008, soulignant ainsi la permanence du problème, la plupart de nos élus au même parlement européen ont voté contre « le rehaussement des accords de suspension » avec Israël.
LA POLITIQUE COLONIALISTE DE L’ÉTAT D’ISRAËL CONDAMNÉE PAR LES INSTANCES INTERNATIONALES
En juillet 2004 la Cour Internationale de Justice de la Haye (CIJ) condamnait la construction du MUR en territoire palestinien et demandait sa démolition. En décembre 2008, le président de l’assemblée générale de l’ONU, Miguel d’Escoto Brockmann demandait à l’ONU d’utiliser le terme d’apartheid pour qualifier la politique de l’état d’Israël et lançait un appel à soutenir la campagne non violente de boycott, désinvestissement et sanctions d’Israël.
GAZA : LA POLITIQUE CRIMINELLE D’ISRAËL CONDAMNÉE PAR LES PEUPLES DE LA PLANETE
1315 tués, 433 enfants 6000 blessés en 22 jours dont une écrasante majorité de civils et la destruction des habitations et infrastructures de santé d’enseignement etc. Des millions de personnes ont manifesté pour dénoncer les crimes de guerre commis par l’armée israélienne. Richard Falk, rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme dans les territoires occupés depuis 1967 déclarait à l’issue de la guerre qu’en raison des armes utilisées et des attaques contre les civils : « L’approche militaire visant à « punir » Gaza était intrinsèquement criminelle ; elle violait les lois de la guerre et avait abouti à des crimes contre l’humanité ».
AGREXCO INSTRUMENT DIRECT DE LA COLONISATION AGRICOLE
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| Carte Cisjordanie occupée. Cliquer ici pour visualiser la carte en grand format (site du Monde diplomatique) |
Mais le choix d’AGREXCO (fruits, légumes et fleurs) est caricatural car elle est l’instrument N°1 de la colonisation dans l’agriculture. D’abord parce que l’entreprise est directement liée au ministère de l’agriculture israélien qui la contrôle à 50% et dont elle applique la politique, mais aussi parce que les 70% de ses exportations proviennent des colonies (reconnu en 2006 par le directeur d’agrexco lors d’un procès en Grande Bretagne). Notamment des colonies de la vallée du Jourdain où 7000 colons se sont appropriés 95% des terres et contrôlent 98% de l’eau ! Réduisant à la misère ou à l’exil les paysans palestiniens des zones où sévit cette entreprise.
LE CHOIX D’AGREXCO EST CONTRAIRE A L’ETHIQUE ET AUX VALEURS DES DROITS HUMAINS
Aurait-on dans les années 70, en plein apartheid sud africain, – au nom de la seule création d’ emplois – accepté l’implantation de l’entreprise « Outspan » pour en faire la porte d’entrée européenne des oranges « Outspan » symbole d’un apartheid boycotté par le monde entier ? C’est en ces termes qu’il faut raisonner ! C’est la raison pour laquelle nous répondons à « l’Appel BDS » lancé par 171 organisations palestiniennes en juillet 2005 et refusons cette implantation.
Pour autant et parce que la question de l’emploi est au centre de nos préoccupations, notre intérêt pour les emplois sur le port et les activités du port nous amènent aussi à nous réoccuper des emplois dans l’agriculture. Quelles conséquences auraient les importations massives de fruits et légumes largement subventionnés en Israël sur l’économie paysanne de la région ? Et par voie de conséquence quels risques de pénurie alimentaire et de destruction de savoirs-faire encourons nous ? Va t-on, au prétexte de la création d'emplois de manutentionnaires précarisés sur le port, participer à la liquidation d'emplois agricoles paysans réels ? Pire encore, cela se ferait avec l’argent public ? C’est inacceptable et nous le refusons.
Et puisque le président de Région a annoncé un plan d’investissement de 200 millions d’euros sur 10 ans, il ne fait aucun doute qu’il soit possible de mettre en place d’autres projets alternatifs, réellement créateurs d’emplois pour le port de Sète, en synergie avec un autre type de développement régional, tant au plan agricole qu’en terme d’infrastructures et qui seraient conformes à l’éthique et aux valeurs des droits humains.
Nous appelons toutes les organisations, partis, syndicats et associations à rejoindre cette coalition « Pour des emplois conforme à l’éthique et avec l’agriculture régionale, contre l’implantation d’AGREXCO à Sète ».
Signalez-vous auprès des signataires qui transmettront.
Rassemblement/ Manifestation Montpellier 25 juin (Rdv à 18h devant le Conseil régional). Voir les vidéos ici
Organisations signataires de l'Appel :
Confédération Paysanne
104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet
tel +33 1 43 62 04 04 - fax +33 1 43 62 80 03 - courriel