En janvier 2009, un séminaire européen « Précarité de la main d’oeuvre saisonnière et agriculture industrielle » d'informations sur la condition des travailleurs en agriculture, en particulier migrants s'est déroulé au Parlement européen. Il visait à porter nos analyses et revendications sur les droits des travailleurs saisonniers au niveau européen, sensibiliser et interpeller les parlementaires européens sur les conséquences sociales d'une politique agricole intensive au service du libéralisme.
Les parlementaires ayant participé au séminaire ont été attentifs. Les représentants roumains, pays qui subit de profondes mutations de son agriculture et important réservoir de main d'oeuvre saisonnière pour l'Espagne, ont été particulièrement sensibles aux revendications.
Ce séminaire a aussi permis d'élargir nos réflexions avec les partenaires européens et d'entamer un travail au niveau des syndicats agricoles et paysans de la Coordination européenne Via Campesina (ECVC) dont la Conf' est membre.
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Plate-forme de revendications de la Confédération paysanne, le GISTI (groupe d'information et de soutien des immigrés); Amorces (Agence pour la solidarité internationale, la culture et le développement) et le SOC (syndicat ouvrier agricole; ESPAGNE) présenté dans le cadre du séminaire européen "Précarité de la main d’oeuvre saisonnière et agriculture industrielle" au Parlement européen en janvier 2009
POUR une surveillance effective des conditions de travail dans les exploitations : durées de travail, jours de repos, salaires, paiement des heures supplémentaires, frais de voyage du et vers le pays d’origine et frais de transport sur place,logement, hygiène et sécurité.
POUR une information de qualité des travailleurs saisonniers quant à leurs droits.
POUR que maladies professionnelles et accidents du travail soient pris en compte, que les victimes ne se retrouvent pas tout simplement privées de nouveaux contrats et sans prise en charge sanitaire et sociale de retour dans leur pays d’origine.
Un véritable suivi médico-social des travailleurs saisonniers doit être assuré par les Etats.
POUR la fin des discriminations des saisonniers en matière de protection sociale : les travailleurs saisonniers doivent bénéficier des mêmes assurances et prestations que les autres travailleurs de l’Etat où ils sont employés : sécurité sociale, allocations familiales, assurance chômage, retraite.
POUR l’égalité de droits avec les autres travailleurs dans tous les domaines, y compris en matière de formation professionnelle, et en matière de droits collectifs (représentation syndicale, droit de grève...), etc., selon la législation des Etats concernés.
POUR l’égalité de droits avec les autres migrants : accès aux dispositifs nationaux spécifiques à l’intention des migrants (par exemple, en matière de formation linguistique ou tout autre dispositif d’accueil ou d’intégration)
POUR la protection des travailleurs employés hors des cadres légaux En cas de délit commis par l’employeur, les saisonniers ne doivent pas être les premières victimes (placement en rétention, mesures d’éloignement). Les mesures en faveur des victimes de la traite et de l’exploitation doivent leur être accessibles.
POUR un droit à la mobilité intra-européenne semblable à celle dont peuvent user les autres migrants au sein de l’Union européenne.
POUR la conditionnalité des aides ou subventions des exploitants agricoles.
POUR que la Politique Agricole Commune (PAC) intègre un volet de surveillance des conditions d’emploi de la main d’oeuvre saisonnière.
En particulier, des subventions de l’Union dans le cadre de la PAC ne doivent pas être octroyées dans les Etats qui ne respectent pas leurs obligations minimales par rapport à la main d’oeuvre employée pour les saisons agricoles.
POUR l’établissement d’une aide spécifique aux petites fermes européennes , reconnaissant leur fonction économique, sociale et territoriale.
POUR l’abandon de toutes mesures conduisant à un droit au séjour précaire et conditionné à la seule volonté d’un employeur (confiscation de passeport, signature d’un engagement de retour au pays, dépôt d’une garantie...).
Les personnes autorisées à entrer dans l’un des Etats de l’Union Européenne pour un contrat saisonnier doivent être autorisées à rechercher un autre emploi sur le territoire national, si elles le souhaitent, une fois la saison terminée (et donc pour le moins obtenir un titre de séjour provisoire pour cela).
Au travers du sort fait aux migrants saisonniers dans les pays de l’Union Européenne, de nombreux textes internationaux sont violés : la Convention Européenne de sauvegarde des droits de l’homme, la Convention OIT n°97, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention internationale sur les droits des migrants...
Le besoin de travail saisonnier dans le secteur de l’agriculture pourrait parfaitement être satisfait en ne laissant pas subsister un statut spécifique mais en respectant pour les personnes employées de façon temporaire dans ce secteur les règles de droit commun des travailleurs.
Agriculture industrielle et servitude en Europe. Brochure d'information juillet 2011.
Migrations et agriculture Mondialisation des errances, Dossier Campagnes Solidaires, n°191, décembre 2004.
Le livre noir de Ceuta et Melilla, Guerre aux migrants, MigrEurope, 2006.
Résistances en Europe à la servitude en agriculture. Les actes des rencontres sur les conditions de travail des salariés agricoles (mai 2006) Brochure d'information : Agriculture industrielle et servitude en Europe

Diagonale européenne : mission Conf' et l'association Echanges et Partenariats dans 4 pays pour la défense des droits des travailleurs migrants agricoles et l'agriculture paysanne.
"Ni vu, ni connu, je t'empoisonne" : Les travailleurs migrants victimes des pesticides. Frédéric Decosse, chercheur, et Nicolas Duntze, syndicaliste, témoignent, pour la revue Mouvements. 22 octobre 2007.
Révélations d’un rapport officiel sur l’agriculture dans le Midi : Trafics de main d'oeuvre couvert par l'Etat Patrick Herman, juin 2005 in Le Monde diplomatique.
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