Le G20 rassemble les 20 pays les plus puissants de la planète et veut diriger le monde alors qu’il exclut les pays les plus pauvres. Le continent africain n'y est représenté que par l'Afrique du Sud. En réaction à cette injustice, certains participants au FSM de Dakar ont demandé la tenue d'un G 192 démocratique.
Avec sa volonté de construire un nouvel ordre économique mondial, le G20 prétend essayer, depuis sa création en 1999, de contrôler les opérations spéculatives et les paradis fiscaux, de démanteler les banques « trop grosses », de taxer la finance.... Ces tentatives sont un échec puisque les dirigeants du G20 appliquent les règles du néolibéralisme.
La France a pris la présidence du G20 en novembre 2010 pour un an. Avant la conférence finale, les 3 et 4 novembre prochain à Cannes, Mr Sarkozy aura présidé de nombreux G20 thématiques dont le G20 agricole qui se tiendra les 22 et 23 juin 2011 à Paris.
Parmi les grands chantiers annoncés par l’Elysée, figurent :
Nous sommes sans grandes illusions sur les améliorations de la condition paysanne qu’apportera ce G20. Cependant, nous ne pouvons pas nous désintéresser d'un sommet lors duquel la question de l'instabilité des prix des produits agricoles sera abordée.
La tonne de blé valait 100€ en mars 2010, elle vaut aujourd'hui plus de 250€, nous sommes face à une situation similaire à 2008. Cette réplique s’explique par l’absence de mesure prise depuis 2008 pour contrecarrer la hausse des prix. Les responsables de cette hausse sont les spéculateurs qui, par leurs prises de positioni sur les marchés à terme et celui des produits dérivésii, amplifient l'instabilité. Les conséquences de ces fluctuations sont terribles pour les paysans :
Le niveau sans précédent des spéculations a engendré une volatilité de plus en plus forte des prix, sans commune mesure avec l’offre et la demande réelles. Cette volatilité se fait au détriment des consommateurs en période de flambée des prix et des paysans en période de chute brutale.
Toute la plus-value captée par la finance est volée aux travailleurs de l'ensemble de la chaine alimentaire, mais aussi aux consommateurs.
Les producteurs de céréales bénéficient d’une partie des hausses mais, lors de la baisse des cours, ils subissent aussi une perte. Quant à ceux qui spéculent sur les marchés à terme, ils tirent profit aussi bien à la hausse qu’à la baisse. À l’autre bout de la chaîne alimentaire, des personnes manquent d’une nourriture devenue inaccessible par son prix. Une hausse de 40 % du blé devient rapidement rédhibitoire pour un pays qui consacre habituellement 75 % de son PIB pour l’alimentation de sa population. Les éleveurs qui achètent des céréales pour nourrir leurs animaux sont eux aussi mis en difficulté par l’élévation excessivement brutale des prix. Cette volatilité empêche toute visibilité et fragilise tous les projets.
La production d’agrocarburants, promue par les politiques, est dévastatrice. La fonction première des terres agricoles est de nourrir l'humanité et non de fournir des agrocarburants.
Les spéculations sur le marché des produits agricoles, stimulées par la production d'agrocarburants, favorisent l’accaparement des terres. Cet accaparement se fait au détriment des paysans et paysannes, dans les pays où l’accès au foncier n'est pas encadré par un droit qui préserve l'usage de la terre pour l’alimentation locale.
Au vu de l’illégitimité du G20 et en raison de sa tenue en France, nous devons exprimer nos positions et exiger de nouvelles politiques agricoles et commerciales (basées sur la souveraineté alimentaire), par :
Nous défendons et exigeons notre souveraineté alimentaire !
ATTAC, Peuples Solidaires et Artisans du monde se sont associés à la Confédération paysanne pour porter son projet d’agriculture paysanne et de souveraineté alimentaire comme alternative au modèle agricole productiviste et exportateur.
Ensemble, nous organiserons dans les départements des débats autour des enjeux du G20 avec un intervenant du sud, entre le 2 mai et le 22 juin 2011. Un débat aura lieu à Paris le 25 mai 2011.
Ces actions locales permettront de sensibiliser la population et d’aboutir à une forte mobilisation le 22 juin 2011 à Paris lors de réunion des ministres de l'agriculture du G20.
Le 2 mai 2011, la Confédération paysanne et ses partenaires ont lancé leur pétition commune « Appel G20 : Ne jouez pas avec notre nourriture ! » qui exige des réformes profondes pour la promotion d’une agriculture paysanne. Cette pétition sera présentée au G20 de novembre 2011 à Cannes.
Confédération Paysanne
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