Les premières rencontres Semences Paysannes : « Cultivons la biodiversité dans les fermes », Toulouse, les 27 et 28 février 2003.

La Confédération Paysanne a participé à l’organisation de ces rencontres afin de répondre à une urgence : fin 2002, l’Europe était sur le point d’adopter une réglementation n’autorisant en Agriculture Biologique que les semences commerciales certifiées ou inscrites au catalogue commun des variétés. Or, la majorité des agriculteurs bio utilisent des semences paysannes de variétés locales, anciennes…, ressèment leur récolte ou celle de leur voisin qui deviennent des variétés non identifiées… Cette pratique leur est indispensable pour disposer de la biodiversité nécessaire à leur agriculture «à zéro intrant chimique de synthèse». Il était urgent de faire apparaître cette réalité majoritaire qui semble échapper au législateur, certainement parce qu’elle se développe aujourd’hui hors de tout cadre réglementaire.

 

350 personnes se sont réunies autour d’échanges de savoir-faire, mais aussi surtout du droit fondamental des paysans vis à vis de la semence. Ces journées ont conduit à la naissance du Réseau Semences Paysannes quelques semaines après.

Déclaration d’Auzeville

La semence est la première ressource des paysans

La semence est un produit vivant de la nature que les paysans utilisent, multiplient et reproduisent dans leurs champs depuis que l’agriculture existe ; pouvoir la ressemer est un droit inaliénable des paysans premier qui doit être reconnu et respecté.

La maîtrise paysanne de la semence

La semence paysanne est source de diversité et d’autonomie. Cela permet d’adapter aux terroirs et aux conditions pédo-climatiques chaque génération. Elle produit des variétés qui s’adaptent aux terroirs, après plusieurs générations de de plantes que les paysans sélectionnent. La semence paysanne n’est ni homogène ni stable, elle évolue avec la vie. Sa dynamique la fait mieux correspondre aux besoins d’une agriculture diversifiée et elle offre la qualité et la diversité de produits que recherchent les consommateurs.

Les graines que le paysan produit dans son champ à partir de variétés anciennes ou d’aujourd’hui, de variétés oubliées ou orphelines, permettent aussi de conserver vivant, « in- situ », un patrimoine génétique et culturel d’une région. La plupart de ces variété n’ont aucun intérêt économique, mais par plaisir et pour sécuriser leurs conservations les paysans échangent entre eux leurs semences.

La plupart de ces variétés n’ont aucune valeur sur le marché mondial, s’échangent au niveau local et peuvent être une ressource génétique pour renouveler la diversité du patrimoine génétique d’autres terroirs.

L’échange de semences paysannes est une nécessité pour maintenir la possibilité de l’évolution des variétés et leur capacité d’adaptation aux conditions spécifiques des fermes et des cultures..

La semence paysanne est menacée

La semence paysanne est menacée lorsque l’agriculture industrielle réduit la diversité et le nombre de paysans et remplace les variétés de pays par des variétés homogènes et stables.

L’agriculture industrielle façonne les paysages, l’alimentation, la vie, selon des critères, des normes, des législations que nous ne partageons pas. Elle tente d’imposer des variétés hybrides non reproductibles, bientôt des variétés OGM, et des droits de propriété intellectuelle privée sur la semence, que nous refusons.

Aujourd’hui, les semences paysanes

Le paysan soucieux de la relation entre ce qu’il cultive, l’endroit où il le cultive et les besoins alimentaires et culturels des communautés, poursuit l’amélioration des variétés grâce aux semences paysannes, solution d’avenir incontournable.


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