Production porcine

La production porcine est enlisée dans une crise profonde, qu'on affuble d'appellations différentes selon les moments : tantôt c'est une crise de surproduction, tantôt c'est la crise du prix de revient (coût alimentaire), on l'associe aussi à la crise financière ; on serait tenté de la qualifier de crise médiatique (ou sanitaire, c'est selon) en cherchant une pseudo-responsabilité à la grippe mexicaine, etc.

 

En réalité toutes ces crises ne masquent qu'une seule et même crise, celle de l'incapacité de la profession à créer les conditions de négociation de notre production à un prix rémunérateur.



Les causes de cette impuissance tournent autour de 2 points :

  • L'absence d'outils de concertation entre les différentes coopératives pour affronter unis la grande distribution et les salaisonniers.
     

  • L'absence de volonté de mise en œuvre d'outils d'adaptation de l'offre à la demande.

Selon l'INSEE la Bretagne a produit en 1998 : 13 570 000 porcs et en 2008 : 14365 000. Soit + 735 410 (+5,86%).

Les politiques (président de la république, ministre de l'agriculture) ne cessent de le faire remarquer à la profession : « vous êtes mal organisés face à la grande distribution ! »

Les éleveurs désespèrent et ne voient pas la volonté des groupements et coopératives à faire des propositions pour adapter la filière au contexte d'aujourd'hui.


Dans le passé, les responsables de la filière porcine ont élaboré des outils qui ont contribué au développement de la production porcine Française, en apportant des repères collectifs à l'ensemble des éleveurs : marché au cadran (pour l'obtention d'une cotation nationale), UNIPORC (pour la standardisation et la transparence de la pesée et classement).
Aujourd'hui certains de ces outils sont devenus obsolètes ; nos groupements ont le devoir de les adapter au contexte nouveau ou d'en imaginer d'autres.

Les idées sur le sujet existent, mais à ce jour la réflexion, quand il y a, est conduite en petit comité et dans l'intérêt de quelques uns seulement. Il nous semble que la gravité de la situation justifie la mise en place d'une stratégie différente dans la conduite de la réflexion pour faire émerger des solutions efficaces et durables.

Pour toutes ces raisons, les éleveurs porcins de la Confédération paysanne sont allés à la rencontre des dirigeants de Coop de France Ouest (Rennes, 16 janvier 2009), ont interrompu les Assemblées Générales de l'ARIP et du CRP (Plérin, 9 juin 2009), ont obtenu une cellule de crise à la DRAAF (19 juin 2009) et des rendez-vous au ministère de l'agriculture (septembre 2009).


Aujourd'hui, nous devons pousser collectivement pour exiger la tenue d'une large assemblée de réflexion et de décision sur le sujet. Des états généraux de la production porcine française doivent s'organiser sans plus attendre.
  • Confédération Paysanne
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