Dans sa communication lors du TIRPAA, Guy Kastler a insisté sur l'enjeu fondamental que représente la biodiversité des plantes - et des animaux. C'est cette diversité, oeuvre depuis des millénaires des communautés paysannes - et toujours en mouvement, qui permet aux agricultures de s'adapter aux défis du changement climatique.
Aujourd'hui, cette biodiversité est gravement menacée par les industries de la semence et des biotechnologies : Dans les pays du Nord, les variétés paysannes ont presque totalement disparues des champs au profit de semences standardisées, fournies par l'industrie avec un paquet "engrais et pesticides" indispensables pour les cultiver.
Ces variétés sont incapables de s'adapter à la diversité des terroirs et sont particulièrement vulnérables face aux nouvelles maladies et parasites.
Dans les pays du Sud, où sont encore pratiquées des agricultures vivrières, les populations ne disposent pas des ressources financières nécessaires à l'achat de semences patentées.
Les communautés paysannes, en ressemant chaque année une partie de leur récolte, renouvellent en permanence la biodiversité cultivée.
Mais jusqu'à quand ? Le traité TIRPAA, tout en reconnaissant le droit des paysans de conserver , ressemener, d'échanger et de protéger leurs semences, soumet ces droits aux législations nationales, qui - elles - ne les respectent pas !
C'est pourquoi, au nom des paysans mais surtout pour l'avenir de l'humanité, nous attendons du TIRPAA qu'il fasse respecter par l'ensemble des paysans signataires les droits des paysans de conserver, ressemer, échanger et protéger leurs semences contre le bio-piratage et les contamnitations génétiques, ainsi que leur accès aux ressources des collections publiques.
Le TIRPAA risque de rester un instrument juridique vide dans les mains des industries et des gouvernements, si la participation active des organisations paysannes à ses travaux n'est pas effective.
Lire la communication de Via Campesina au TIRPAA (intégralité, 2 p.)
Les stratégies des multinationales sont mondiales et se moquent des frontières des Etats qu’elles tentent d’instrumentaliser. Les paysans ne peuvent plus se contenter de se battre sur un seul front et chacun dans son pays. L’ensemble des conventions et traités internationaux rendent obligatoire le respect des « droits » des obtenteurs et des semenciers et laissent au bon vouloir des Etats la prise en compte des droits des paysans. La Confédération paysanne réfléchit à une stratégie pour inverser cette situation.
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