La politique européenne agricole actuelle, liée aux intérêts de l’OMC et les accords de libre échange livrent l’agriculture et l’alimentation à la spéculation des marchés.
Les processus de concentration des moyens de production, de concentration de bassins de production industriels et très intensifs et la mise en concurrence déloyale entre les paysans et l’industrie agro alimentaire génèrent la disparition de centaines de milliers de fermes en Europe. Ce processus qui est similaire au niveau mondial génère également la désertification rurale de certaines zones et force des pans entiers de populations rurales appauvries à la migration interne et/ou transfrontalière vers des bassins d’emploi (souvent agricoles) incertains et fréquemment précaires.
Les travailleurs saisonniers dans tous les domaines et particulièrement en agriculture se trouvent souvent mis en concurrence entre eux pour le profit des employeurs ceux qui ont des papiers, ceux qui n’en ont pas, ceux qui ont des contrats, ceux qui n’en ont pas, les nationaux, les étrangers …. Le volume de travail dans ces bassins de production n’est plus déterminé ni régulé par les lois de l’agronomie mais uniquement par les demandes et réponses du « marché », de la distribution, ce qui amène incertitudes et insécurité pour les saisonniers (temps de travail aléatoire, salaires variables…). Les besoins massifs de main d’œuvre dans ces zones de production et la précarité augmentant dans certaines zones européennes ont amené l’invention de nouvelles politiques migratoires, une évolution du droit communautaire, qui vient éroder les droits du travail nationaux et les droits de l’homme.
Ainsi la directive « retour », adoptée en 2008, qui permet que des migrants sans papiers, y compris mineurs, soient détenus jusque 18 mois dans des centres fermés avant d’être expulsés.
La Convention Européenne de sauvegarde des droits de l’homme, la Convention OIT n°97, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention internationale sur les droits des migrants...
L’Union Européenne ne peut pas organiser un régime aussi dérogatoire à tous ces textes, en particulier en respect avec le principe d’égalité de traitement qui est au coeur de la politique européenne. Elle ne peut pas et ne doit pas isoler la situation des migrants saisonniers de celle des autres travailleurs et des autres migrants.
Le besoin de travail saisonnier dans le secteur de l’agriculture pourrait parfaitement être satisfait en ne laissant pas subsister un statut spécifique mais en respectant pour les personnes employées de façon temporaire dans ce secteur les règles de droit commun des travailleurs.
La Politique Agricole Commune doit intégrer un volet de surveillance des conditions d’emploi de la main d’oeuvre saisonnière. En particulier, des subventions de l’Union ne doivent pas être octroyées dans les Etats qui ne respectent pas leurs obligations minimales par rapport à la main d’oeuvre employée pour les saisons agricoles.
Migrations et agriculture Mondialisation des errances, Dossier Campagnes Solidaires, n°191, décembre 2004.
Le livre noir de Ceuta et Melilla, Guerre aux migrants, MigrEurope, 2006.
Résistances en Europe à la servitude en agriculture. Les actes des rencontres sur les conditions de travail des salariés agricoles (mai 2006) Brochure d'information : Agriculture industrielle et servitude en Europe

Diagonale européenne : mission Conf' et l'association Echanges et Partenariats dans 4 pays pour la défense des droits des travailleurs migrants agricoles et l'agriculture paysanne.
"Ni vu, ni connu, je t'empoisonne" : Les travailleurs migrants victimes des pesticides. Frédéric Decosse, chercheur, et Nicolas Duntze, syndicaliste, témoignent, pour la revue Mouvements. 22 octobre 2007.
Révélations d’un rapport officiel sur l’agriculture dans le Midi : Trafics de main d'oeuvre couvert par l'Etat Patrick Herman, juin 2005 in Le Monde diplomatique.
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