Solidaires avec toutes les victimes de l'ordre libéral et capitalisme

Dans son berceau, en 1987, la Confédération paysanne avait déjà de multiples antécédents de réflexion, de luttes et de désirs d’avenir. La lutte des classes portée par Bernard Lambert a d’emblée situé la Confédération paysanne dans le mouvement social. Elle se positionne pour la défense des petits et moyens paysans, dans le camp de tous les travailleurs pour une société plus solidaire, plus équitable ici et ailleurs.

Dans Campagnes Solidaires (Mensuel de la Conf') daté de janvier 1996, et dans la continuité des grèves et actions contre les réformes Juppé, la Conf’ se déclarait « solidaire de tous ceux qui sont menacés dans leur emploi, de ceux qui sont exclus ou en situation précaire, solidaire de ceux qui se battent pour le maintien des services public de haute qualité ».

Rassembler les courants, poser les problèmes de société

La Confédération paysanne a toujours cette capacité à rassembler divers courants ici et ailleurs, en posant des problèmes de société à travers les questions agricoles.

Mettant en avant l’action collective, uni(e)s autour du refus d’une société dans laquelle « technique et profit dictent leur loi », les paysans et paysannes s’inscrivent tout naturellement dans le mouvement social car nous ne pouvons ignorer le sort de toutes les victimes innocentes des oppressions de l’ordre libéral et capitaliste.

Rester en dehors de ces luttes, c’est disqualifier notre légitimité syndicale paysanne. Cet engagement délibéré dans le mouvement social nous a rapproché de nombreux syndicats et organisations et c’est naturellement que la Conf’ fut partie prenante en tant que membre cofondateur d’Attac.

La création de comités de soutien (qui ont été lancés un peu partout en France, par exemple en réaction aux poursuites judiciaires contre des paysans impliqués dans un « démontage de MacDo »), le rassemblement du Larzac en 2003 furent autant de signaux forts d’une convergences entre mouvement sociaux et volonté d’être tous ensemble pour d’autres perspectives alternatives.

Un réseau permanent de convergence des mouvements sociaux

Cette construction se poursuit. Elle entre même dans une phase plus formelle. Le 11 juillet 2006, plus de vingt organisations se sont retrouvées à Bagnolet, à l’initiative de la Conf’, d’Union Solidaires et de Droit au logement pour mettre en place des outils destinés à mieux unir nos luttes et faire exister nos résistances.

La Confédération paysanne, Union Solidaires, Droit au logement et plus de vingt autres organisations travaillent à mettre en place un réseau permanent de convergence des mouvements sociaux. Deux initiatives doivent déboucher dès cet automne :

  • Un site internet, qui permettra la communication commune et l'expression de chacun sur les sujets qu'ils portent, en créant une convergenge et des transversalités
  • L’organisation d’un moment fort commun lors du procès de Vienne* (38), le 27 octobre 2006.
Ce sera notamment l’occasion de relier la lutte des paysans pour leur survie à celles de la société tout entière, livrée elle aussi à la dérégulation des marchés de la production alimentaire (les prix à la consommation croissent, tout comme augmentent les revenu des actionnaires au détriment de l’emploi, du respect de l’environnement et de la santé...).

D’autres mondes sont possibles ! C’est en brisant les corporatismes et le repli sur soi, que nous construirons cet avenir commun.


* Jean-Emile Sanchez comparait devant la Justice pour une action menée en 2004 pour protester contre la baisse du prix du lait décidée par l’interprofession. Des produits laitiers avaient été prélevés dans l’usine Danone de Saint-Just-Chaleyssin et redistribués dans des quartiers populaires. [lire Communiqué de presse du 16 sept. 2004]
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