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Solidarité avec les habitants de Bagnolet expulsés en plein hiver

La Confédération paysanne solidaire de ses voisins expulsés de Bagnolet


Notre société osera t-elle se lever contre ce monde honteux en train d’avancer ?

Durant la semaine la plus froide de ce mois de février 2010, en plein hiver, une quarantaine de personnes ont été expulsées à Bagnolet, à deux rues du siège national de la Confédération paysanne.

Des femmes, des hommes et des enfants ont été mis dehors en plein hiver sous la neige. Certains ont perdu toutes leurs affaires, dont leurs papiers, dans la démolition du bâtiment. C’est une honte !

La Confédération paysanne, les Amis de la Conf se sont joints au DAL, aux habitants pour former un comité de soutien et  organiser la résistance. Après de longs jours de lutte, d'attente, de harcèlement policier contre les expulsés bien décidés à camper sur les lieux pour obtenir un relogement, les expulsés ont enfin obtenu un hébergement provisoire (jusqu'au 31 mars mais après ??) ainsi que l'organisation de plusieurs table-ronde avec la mairie et la préfecture pour trouver des solutions durables. Nous savons que la lutte sera longue et difficile d'autant plus qu'une partie des personnes expulsées sont aussi "sans-papiers".

Des démarches juridiques vont être lancées car cette expulsion a été pratiquée en dehors des règles de la procédure. Ces actions judiciaires revêtent une double nécessité :

  • défendre les habitants qui ont été victimes d'une violente injustice et tenter d'obtenir une réparation ainsi que la condamnation des auteurs responsables d'avoir agi ilégalement ;
     
  • envoyer un signal fort à tous les futurs expulseurs (publics ou privés) tentés d'agir en "dehors des clous" ...que cela n'est pas possible. Qu’ils ne pourront pas s’affranchir des lois de la République comme ils l’ont fait le 10 février !

Toutes ces procédures en justice passent nécessairement par le recours à un huissier vont engager des frais. Le comité de soutien appellent tous ceux qui le peuvent à verser une contribution en envoyant un chèque à l'ordre du DAL (mention frais de justice expulsés de Bagnolet) à cette adresse : 24 rue de la Banque 75002 Paris.
Chaque donateur recevra un reçu pour les services fiscaux (impots).




Expulsion à Bagnolet
envoyé par droitaulogement. - L'info internationale vidéo.
 

Expulsés.
 

Par – 5 °C, mercredi 10 février vers 6 h, les 38 habitant(e)s du 92 rue Victor-Hugo ont été expulsé(e)s avec brutalité par la police, ne leur laissant que  5 minutes pour prendre leurs affaires. Sitôt l’évacuation terminée, un tractopelle, commandé par la Mairie, a détruit la majeure partie du bâtiment, emportant dans les gravats les biens, papiers et autres objets de valeur restés à l’intérieur.

 

 

 

 
Accompagnés de militants de Droit Au Logement (DAL), les expulsé(e)s se sont rendu(e)s en délégation à la Mairie. Après 2 heures d’attente, en pleine tempête de neige, ils ont appris que personne ne les recevrait. Les expulsé(e)s se sont alors réfugié au Gymnase municipal Jean Reneault, d’où, à la demande de la Mairie, ils ont à nouveau été délogés par la police. C’est alors qu’ils ont installé des tentes en face du squat détruit et allumé un brasero pour passer la première nuit.

 



Dès jeudi 11, la Confédération Paysanne a ouvert ses locaux aux expulsé(e)s pour se réchauffer et se reposer. Samedi 13 février, des propositions d’hébergement ont été faites à 18 personnes ou couples, sur 27, dans des hôtels de Cergy-Pontoise et Gennevilliers. Ils n’ont pas pu accepter ces propositions, trop éloignées de Bagnolet et de leur lieu de travail. Quitter la Seine Saint-Denis serait de plus dangereux pour les sans-papiers. Depuis, malgré nos relances, aucune autre proposition n’a été formulée.


Pourchassés.


Depuis mercredi, un important dispositif policier quadrille le quartier, surveillant les allées et venues des expulsé(e)s.  Jeudi 11 février à 13 h, la police est venue éteindre le brasero, confisquer les tentes et les sacs de couchage, jeter la soupe chaude et bloquer l’accès à la rue.

 

 

 

 

Aujourd’hui, mardi 16 février, les autorités ont ravagé le petit campement, menaçant une fois de plus de prendre les tentes et duvets. Les ruines de l’immeuble sont toujours gardées par la police et des vigiles.

Calomniés.

 

La violence de l’expulsion, la totale inhumanité des autorités a suscité une vive émotion parmi les Bagnoletais et nombre de citoyens de la région. Scandalisés, ils se sont s’organisés en comité de soutien, avec des associations, des organisations syndicales et des partis politiques.

Pour justifier ces méthodes violentes, depuis le début de l’affaire, la Mairie diffuse chaque jour des communiqués
calomnieux et mensongers. Les conditions de vie dans un squat étaient forcément difficiles. Mais les problèmes n’y étaient pas plus importants que dans les autres quartiers de la ville.

Nous condamnons cette campagne de dénigrement orchestrée par le Maire et son premier adjoint. Une date de table ronde, réunissant la Mairie, la Préfecture, les expulsé(e)s et leurs soutiens, a été fixée au 25 février à 11 h 30. Les agressions répétées, le refus des autorités de proposer des solutions d’hébergements acceptables ne créent pas les conditions de confiance nécessaires à la négociation.

Les expulsé(e)s, et le comité de soutien demandent :

  •  l’hébergement en attendant le relogement et si nécessaire par voie de réquisition
     
  • Une enquête sur la destruction des biens, et la réparation des dégâts
     
  •  La régularisation des expulsés qui n’ont pas de papiers

 Voir le site du DAL, droit au logement

  • Confédération Paysanne
    104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet
    tel +33 1 43 62 04 04 - fax +33 1 43 62 80 03 - courriel