Servie par une industrialisation poussée, marquée par des techniques de production discutables, caractérisée par des liens d'asservissement démontrés (l'intégration) et victime d'une capacité extraordinaire de réactivité à la production (il faut moins de temps maintenant pour élever le poulet que pour couver l'oeuf !), la production de volaille constitue le « paroxysme » de l'industrialisation agricole.
Aidés par l'Union européenne pour produire à bas prix pour l'export (aides aux céréales, subventions aux exportations), les industriels ont planifié, rationalisé, standardisé la production et « salarié » le paysan dans une chaîne où le centime arraché fait rentrer des millions à l'industriel.
Défendre ce « modèle » est intenable, le combattre est indispensable. Cela passe par une réflexion sur la place de l'éleveur, sa rémunération, ses conditions de travail (qui sont ici une réalité autre).
Dans un contexte où l'intégrateur s'affranchit du contrat et de la loi le liant au paysan tout en demandant des fonds publics pour restructurer, l'enjeu premier est de défendre le travail de l'éleveur et sa rémunération, y compris par les voies juridiques.
Le second est de sortir de la logique folle du productivisme (on a observé une augmentation de 10 % de la production au m2 en dix ans). Enjeux majeurs dans une production devenue folle : « produire plus, produire tant pour gagner moins ».
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