Appel de Sainte-Soline : un procès de la disproportion pour criminaliser les défenseurs de l’eau
Le parquet s'en est tenu à une analyse « de surface », reconnaissant une enquête ayant ciblé « le plus simple » et « les plus visibles » pour justifier de poursuivre individuellement 4 personnes parmi les 30000 manifestant·es et les 150 organisations soutenant cette manifestation. Les avocats ont demandé à la cour d'appel de ne pas leur attribuer, fautes d'éléments constitutifs, la responsabilité de l'organisation. Pour la Confédération paysanne la mobilisation de Sainte-Soline pour dénoncer l'accaparement de l'eau par une minorité et réclamer une autre gestion de ce commun, est issue d'une décision collective, comme à chaque fois.
Cet entêtement détonne avec une justice qui refuse d'identifier l'auteur du tir tendu, illégal, qui a failli tuer Serge lors de la manifestation et à mettre en cause la chaîne de commandement. Médiapart et Libération ont pourtant réussi en étudiant minutieusement toutes les images produites par la gendarmerie, elle-même, ce jour-là !
Ce procès entre aussi en écho avec le débat sur le projet de loi d'urgence agricole, un moment politique qui remet au centre de l'actualité la question du partage, de la gouvernance et de la priorisation des usages de l'eau. La répression judiciaire ne fait que soutenir la politique agricole du gouvernement qui va à l'encontre de l'intérêt général. Les débats en cours à l'Assemblée nationale sur ce texte en sont un reflet déplorable.
Tous les signaux climatiques, géopolitiques et économiques sont au rouge et appellent à un changement de cap. Pourtant, à l'Assemblée nationale, la droite, l'extrême droite et le bloc central ne pensent qu'à faire construire des méga-bassines, remplies avec l'eau pompée dans les nappes et non « tombée quand il pleut ». Les méga-bassines sont présentées comme une solution pour le revenu, alors que ces projets ne sont pas viables économiquement, ni pour les paysan·nes ni pour la société.
Nous rappelons la nécessité et l'urgence à agir pour des politiques publiques agricoles radicalement différentes. Malgré la répression judiciaire et policière, notre détermination et notre mobilisation restent intactes. Nous serons d'ailleurs mobilisés dès le 7 juin à Rennes pour dénoncer les attaques contre la gestion démocratique de l'eau du SAGE Vilaine.



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