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COVID-19
24.03.2020

Covid-19 : La situation par production agricole

Afin de vous tenir informés, nous essayons de résumer régulièrement les informations qui nous remontent de la situation dans les différentes filières.
Productions animales 

Lait de vache

​​Le secteur laitier est une des priorités du gouvernement. A ce titre, la perspective de réquisition des entreprises de collecte, de transformations et de distribution a été envisagée, mais nous n'en savons pas plus pour le moment. Cependant, la situation actuelle de pic de production laitière (printemps) et le manque de personnel compétent (droit de retrait des salariés et des chauffeurs, garde d'enfants, personnels malades) favorise les stocks, avec à terme, le risque de chute du prix de revient aux paysan.ne.s. De plus, certains débouchés sont à l'arrêt, tels que la restauration hors domicile, ce qui accentue le phénomène de surproduction et de stocks. Certains produits laitiers sont pénalisés, c'est notamment le cas des fromages qui s'écoulent plus difficilement (marchés de plein vent fermés, comportement des consommateurs en GMS, manque de personnels compétents pour la transformation). Il peut également y avoir une perte de valeur ajoutée pour les paysan.ne.s qui vendent en GMS ce qui est habituellement vendus au marché. ​​Il y un besoin urgent de régulation nationale, qui se complétera avec une régulation européenne, plus longue à mettre en place.

​​Les enjeux de la filière sont :

  • ​​Assurer la poursuite de la collecte du lait tout en régulant la production. Inciter les producteurs.trices à limiter leur production laitière, afin d'éviter une chute des prix (ex de la Savoie : réduction des volumes de 10%, dégagement du lait, tarissement et réforme précoce)
  • Assurer le fonctionnement des usines et laiteries (en respectant les mesures de protection sanitaires)
  • Assurer le maintien des activités des laboratoires afin d'assurer le contrôle de qualité
  • Assurer le maintien des transports (besoin de chauffeurs)

​​​Viande bovine

​​Pas de difficulté majeure pour le moment, à part au niveau de la main d'œuvre en sous-effectif (chauffeur, salariés en abattoirs…). De ce fait, certains abattoirs menacent de fermer, mais ils doivent mettre en place un plan de continuité. Cependant, certains sélectionnent les viandes pour faire face au ralentissement de leur structure, et refusent, par exemple, les viandes en circuit court ou l'abattage familial.

​​​Caprins

​​De même que pour le lait de vache, c'est l'actuel pic de production printanière. Cependant, la situation a provoqué un revirement total : beaucoup des marchés de plein vent sont diminués ou fermés, ce qui entraîne une importante baisse des ventes (déjà -30% pour le reblochon).
​​La filière chevreau est impactée. Les chevreaux ne sont pas toujours récupérés par les clients, car bien que les échanges commerciaux ne soient pas concernés par le confinement, il y a des difficultés avec les marchés italiens et espagnols (transporteurs malades). De plus, les abattoirs ont anticipé la baisse de demande à Pâques. Ils limitent ainsi le ramassage en élevage afin de réguler les places d'engraissement.

​​​Ovins

​​Du fait du confinement actuel, il y aura une baisse de la demande d'agneaux à Pâques. Les rythmes d'abattages et les ramassages ralentissent car la grande distribution anticipe cette diminution de la consommation. Cela va engendrer des stocks à la ferme avec le risque d'un futur déclassement des agneaux, dans un contexte d'approvisionnement en aliments qui se complique.

​​​Équins

​​Les centres équestres sont à l'arrêt. Seuls les propriétaires et demi-pensionnaires peuvent sortir leurs chevaux, tout en respectant les mesures de protections sanitaires. Au même titre que les autres entreprises, les centres équestres bénéficient des aides mises en place par le gouvernement. ​​Suppression des accompagnements thérapeutiques individuels d'enfants relevant de l'aide social à l'enfance (équithérapie). Cela impacte la santé physique et mental des enfants. Il faudrait qu'ils obtiennent une dérogation pour poursuivre les soins.

​​​​Apiculture

​​Au même titre que les agriculteurs.trices, les apiculteurs.trices peuvent se déplacer pour faire transhumer leurs ruches, les nourrir et contrôler leur état. Il leur suffit d'avoir sur eux l'attestation « déplacement dans le cadre de l'activité professionnelle ». ​​La fermeture de nombreux marchés entraîne une importante perte de chiffre d'affaire. Certains envisage déjà de vendre des ruches.

Volaille

La filière volailles rencontre un certain nombre de problèmes d'ordre différent. Certaines étapes de la production sont perturbées comme la sélection et le ramassage, car elles sont fortement dépendantes du transport et de l'intervention d'équipes nombreuses. Par ailleurs, la fermeture des marchés provoquent des problèmes débouchés pour les œufs, les volailles vivantes. De manière plus marginale nous constatons des problèmes d'approvisionnement pour les emballages par exemple.

Productions végétales

Horticulture et commercialisation des plants :

​​La filière est mise à mal de manière très forte dans la mesure où la période de confinement est d'habitude une période d'intense activité sur laquelle est concentrée une partie importante du chiffre d'affaire. Fleuristes, grossistes, jardineries sont fermées dans le cadre du respect des procédures de confinement. A cela s'ajoute, pour les paysan.ne.s qui font de la vente directe de plants le flou qui persistaient sur le possibilité ou non de commercialiser leur plants sur les marchés, sur leur ferme, etc. L'information n'est pas encore totalement officielle, mais les services du premier ministre semblent avoir transmis la ligne suivante sur le sujet :

  • Il est possible de commercialiser tout type de plants (potagers, ornementaux) et semences auprès de professionels.
  • Il est possible de commercialiser tout type de plants par livraison (la livraison étant autorisée pour tout le produits, alimentaire ou non alimentaire) auprès de tout type de clientèle.
  • Par drive, sur les marchés et dans les points de vente dont l'ouverture est autorisée sont commercialisables les plants potagers à visée alimentaire (légumes, petits fruits, aromatiques) à destination d'un public non professionnel.


Nous savons que ces informations sont disparatres car toutes les préfectures ne se sont pas prononcées sur le sujet voire l'onf fait dans des termes différents. Ceci étant dit, nous vons invitons vivement à informer les paysan.ne.s qui produisent des plants de ces possilités, de les inviter à revenir sur les marchés quand ceux ci sont autorisés et de leur proposer de commercialiser dans des points de vente alimentaires collectifs, sur des fermes par exemple.

Concernant les plants ornementaux et les fleurs, nous n'avons pas de réponse adéquate. Mais n'oubliez pas que la livraison est autorisée, même si nous savons que cela ne peut répondre entièrement à la problématique. Pour les paysan.ne.s qui ont des stand sur des marchés, n'hésitez pas à mettre les coordonnées et d'éventuels bon de commande des horticulteur.rice.s de votre territoire.

Pour la Confédération paysanne les semences et plans sont tout autant de première nécessité que les autres productions agricoles. Ces productions participent à la souveraineté alimentaire, au maintien de la biodiversité et à l'autonomie des citoyen.ne.s. Ce sont nos plants que repiquent jardinier.e.s et maraicher.e.s. Ce sont ces mêmes plants qui viendront nourrir nos concitoyen.ne.s, dans les magasins, sur les marchés, dans les familles, entre voisin.e.s. Le travail continu sur nos fermes, nous voulons continuer à commercialiser ce que notre production, matière vivante et périssable.

​​​​PPAM

​​Concernant la filière PPAM la première inquiétude relevait de la possibilité de poursuivre l'activité de cueillette. Le ministère a répondu. L'activité de cueillette pour les agriculteur.rice.s peut se poursuivre normalement dans la mesure où il s'agit d'une activité professionnelle. Evidemment cette activité se poursuit dans le respect des mesures liées à la situation (attestation de déplacement, respect des mesures barrières, etc). Il est par ailleurs conseillé d'être toujours muni, au cours de vos déplacements, d'un extrait de Kbis, inscription au registre agricole, etc … ou tout autre document justifiant de votre statut agricole. ​​Concernant les marchés, dans la Drôme un stand d'HE et d'hydrolats a été interdit sur un marché. Il pourrait être nécessaire de rapidement faire une réunion téléphonique PPAM pour échanger sur la situation et faire des propositions. Nous vous tenons informé.e.s.

​​​​Grandes cultures

​​Pour l'instant pas de problèmes majeurs identifiés. Les coopératives restent ouvertes et ajustent leur fonctionnement notamment par la prise de rendez-vous pour limiter le nombre de personnes sur place.

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