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Campagnes Solidaires


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n° 365 - octobre 2020
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Une réelle alternative technique et politique aux pesticides


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Purins, extraits végétaux, macération, tisanes, huiles essentielles, teintures mères, substances animales et minérales comme l'argile ou le lait, sont des « préparations naturelles peu préoccupantes », des PNPP*.

PNPP* :appellation étrange mais ainsi décidée par l'administration pour qualifier des produits issus de savoir-faire paysans et appartenant au domaine public, pour qu'ils ne soient pas assimilés aux produits phytopharmaceutiques ou de biocontrôle.

Une sortie des pesticides de synthèse avec une nécessaire transition, voilà ce que nous prônons à la Confédération paysanne. La recherche d'alternatives a depuis de très nombreuses années donné ses fruits. Sans aides, beaucoup en ont trouvé et testé, dont les PNPP*, alternatives à la plus grande partie des pesticides.

Mais certaines plantes ne sont pas autorisées dans ces préparations comme la consoude, la fougère, la rhubarbe, l'absinthe, la tanaisie, la valériane. Le petit-lait ou le vinaigre non plus, tandis que la fabrication et l'épandage des pires pesticides de synthèse qui empoisonnent eau, terre, air et population, sont eux permis.

Nous demandons simplement que toutes les parties de plantes consommées dans l'alimentation humaine et animale ainsi que les plantes, minéraux et produits animaux utilisés depuis des années et pour lesquels il n'y a jamais eu aucun problème, soient autorisés. Nous nous sentons légitimes alors que la réglementation est absurde car à la botte des lobbies.

Alors qu'il y a urgence à changer nos modes de culture, pour la santé de toutes et tous, pour l'environnement, pour l'autonomie paysanne, le développement des PNPP* est freiné depuis des décennies. Et il nous faut pratiquer des négociations de marchands de tapis avec les services du ministère de l'Agriculture, avec les ministres, tous gouvernements confondus, qui entravent avancées et recherches plus approfondies, développement et accompagnement vers des changements de pratiques.

L'administration a reconnu à demi-mots que les autorisations que nous réclamons entraîneraient une distorsion de concurrence pour les industries qui ont déjà financé des autorisations de mise sur le marché pour ces produits, notamment les huiles essentielles.

Ne nous voilons pas la face : si les PNPP* sont une réelle alternative technique et politique aux pesticides, l'utilisation massive de pesticides continuera tant que l'agriculture obéira à la loi du marché. Mais la poussée sociétale qui s'intensifie nous renforce et nous encourage à accentuer la pression pour la reconnaissance et l'autorisation de toutes les PNPP*.

Christine Riba,
paysanne dans la Drôme

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