Home > Campagnes solidaires > n° 352 - juillet 2019
Partager sur :

CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...

Campagnes Solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.

Le numéro du mois

n° 352 - juillet 2019
Editorial
Sommaire Dossier Archives

Editorial

Manger, au-delà du besoin vital

Dans le vaste mouvement de résistance à l'uniformisation de nos modes de vie, les alternatives au supermarché, modèle commercial dominant, se développent : points de vente collectifs, marchés de productrices et producteurs et autres épiceries associatives fleurissent dans nos régions. Ce numéro de Campagnes solidaires se fait l'écho de quelques exemples parmi tant d'autres.
Toutes ces initiatives facilitent l'accès aux produits locaux, participent au maintien de l'agriculture paysanne et rapprochent les producteurs et productrices des consommateurs et consommatrices.
Elles ont clairement pour intérêt de faire vivre les territoires ruraux et nous permettre de reprendre en main notre alimentation.
Pour répondre aux logiques du capitalisme, on a réduit le temps (de préparation notamment) et la part de budget consacrés aux repas : ces diminutions ont été permises par l'industrialisation de notre alimentation, elle-même permise par l'industrialisation de l'agriculture.
Outre la perte de savoir-faire, c'est une véritable acculturation qui est provoquée par cette évolution de nos modes d'alimentation. Or, l'alimentation, en plus de répondre à un besoin vital, a un rôle de structuration sociale, notamment par la prise en commun des repas, comme le rappelle la notion de convives (du latin convivere, vivre ensemble). Les repas partagés constituent un acte de résistance à la société individualiste s'ils sont vécus comme un moment d'échange, un chemin vers l'autre et non comme un repli sur soi exprimé par un régime alimentaire personnalisé.
L'alimentation nous ramène à notre culture, à notre identité : pour de nombreuses personnes en exil, la cuisine, les recettes, font partie de ces biens immatériels qui restent quand on a tout abandonné...
Alors, nous devons toutes et tous avoir accès à des produits de qualité pour retrouver le plaisir de les préparer, de les partager et de les manger. Il va sans dire que nous ne pouvons compter seulement sur la multiplication des projets alternatifs agricoles ou commerciaux pour répondre à cet enjeu. Nous ne pouvons nous satisfaire d'une alimentation qui devient un marqueur social, résultat d'une agriculture qui tend à la dualité : production de masse pour les pauvres, production de qualité pour les autres. C'est pourquoi nous attendons des politiques agricoles et alimentaires qu'elles dépassent les seuls objectifs quantitatifs et sanitaires et participent à plus de justice sociale.


Véronique Marchesseau,
paysanne dans le Morbihan,

TROUVEZ UNE CONF'
NOUS CONTACTER Mentions légales
Copyright 2018 - Tous droits réservés - Confédération paysanne
104 Rue Robespierre, 93170 Bagnolet - Tél +33 1 43 62 04 04