Crise de l'agriculture biologique : le gouvernement va-t-il abandonner ou accompagner la filière ?
Plusieurs facteurs expliquent cette crise. Tout d'abord, le désengagement de l'État dans l'aide à la production en faisant le choix de supprimer l'aide au maintien dans la PAC*. Cette aide ne sera pas compensée par l'écorégime dont le montant sera bien inférieur. Ensuite, le dénigrement systématique de la certification AB et sa mise en concurrence organisée, notamment par les pouvoirs publics, avec des pseudos pratiques agro-environnementales. Ces deux éléments conduisent à une baisse de la consommation des produits bios, aggravée par un contexte économique qui contraint déjà les Français·es à revoir leurs dépenses alimentaires à la baisse. Sur le long terme, une déstabilisation de la filière et une baisse conséquente des emplois agricoles et agro-alimentaires du secteur sont à craindre.
- l'application de la loi EGAlim sur la prise en compte des coûts pour la construction du prix en marche avant et le respect des 20 % de produits bio en restauration collective. Aujourd'hui, on atteint péniblement les 6 % en moyenne.
- des outils d'anticipation et de gestion de crise à l'image de ce qui se pratique dans les filières agricoles conventionnelles : nous avons besoin de chiffres transparents pour l'ensemble de la filière basés sur un travail approfondi de FranceAgriMer, et plus seulement issus des déclarations des opérateurs.
Au moment où l'urgence climatique et énergétique exige des adaptations, l'agriculture biologique a de nombreux atouts. Il est donc incompréhensible que le gouvernement n'intervienne pas en urgence pour suppléer à l'incapacité des marchés à rémunérer les paysan·nes engagé·es en agriculture biologique. Il ne peut laisser cette filière se déstructurer ni abandonner ses producteur·trices en cette période de crise. C'est maintenant que le gouvernement doit agir et pas dans six mois !