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AGRICULTURE ET ALIMENTATION
18.05.2026

PJLUA : un texte dangereux pour l’agriculture

Les député·es entament demain l'examen du projet de loi d'urgence agricole en séance publique. Ce texte, la Confédération paysanne y est défavorable. Le passage en commissions n'a pas fait évoluer notre position. Certaines modifications peuvent-elles le rendre acceptable ?

Nous saluons le travail des député·es qui, en commissions, se sont opposé·es à de graves reculs, parfois avec réussite, s'agissant de la protection des zones humides, la gestion et la démocratie de l'eau dans ce pays. Ces prises de position sont importantes dans le paysage actuel. Les dispositions relatives à une meilleure prise en compte des coûts de production, via un prix plancher, vont dans le bon sens et nous les avions défendues auprès des député·es lors de nos auditions. Sans surprise, le gouvernement va en proposer la suppression.

Le tunnel de prix reste une expérimentation et ne sera pas obligatoire, comme nous le demandions. De plus, le gouvernement fait le choix de confier cette expérimentation aux interprofessions, sans cadre réglementaire. Compte tenu de l'opposition affichée de certaines filières, l'expérimentation pourrait ne jamais voir le jour.

Cette mesure est un des alibis du gouvernement pour faire croire à un projet de loi « équilibré ». C'est faux, tant les dispositions graves et dangereuses sont nombreuses pour : accélérer les projets de méga-bassines, favoriser l'agrandissement des bâtiments de production animale, attaquer les outils de gestion démocratique de l'eau… Ce texte contient aussi des procédures bâillon visant à restreindre le droit légitime d'engager des recours contre des projets d'infrastructures agricoles et énergétiques.

Les député·es ne doivent pas se tromper : ce projet de loi est au service d'une industrialisation de l'agriculture mortifère et ne répond pas aux nécessités révélées par les différentes crises. La crise laitière montre la nécessité d'une régulation des volumes. Les crises sanitaires, comme la crise énergétique que nous traversons, mettent en exergue la fragilité de nos filières. Notre agriculture est soumise à la compétition internationale et fortement dépendante de la pétrochimie ; en conséquence, nous subissons de plein fouet les soubresauts géopolitiques.

Oui, il y a nécessité à engager des politiques publiques agricoles qui protègent le revenu des paysan·nes, ainsi que les facteurs de production contre la prédation et l'extractivisme. Il y a urgence à agir pour sortir d'un modèle productiviste qui ne cesse de faire disparaître les fermes, qui détruit le potentiel agronomique des sols, la ressource en eau, le bocage et prend en otage l'avenir des futures générations de paysan·nes.

Il y a nécessité à repenser notre agriculture à partir d'un projet alimentaire garant de la santé publique et de la relocalisation de l'alimentation, en sortant de la spécialisation des régions et de la compétitivité organisée à l'échelle de tous les territoires.

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