PAC : le rapport de la Cour des comptes confirme l’urgence de changer de cap
La Cour souligne également l'incapacité des aides actuelles à répondre aux fortes fluctuations des prix agricoles. Pour la Confédération paysanne, la première protection du revenu reste la régulation des marchés et la maîtrise des volumes, ce qui suppose une révision en profondeur de l'Organisation commune des marchés (OCM*). Les aides doivent, elles, être mieux redistribuées vers les paysan·nes actif·ves, pour soutenir l'emploi paysan, sur la base d'une définition stricte empêchant les contournements sociétaires.
Face aux sécheresses, canicules et crises qui se multiplient, il ne suffit pas non plus d'assurer les dégâts une fois qu'ils sont là. Le rapport reconnaît que les dispositifs actuels ne sont plus adaptés à la fréquence et à l'ampleur nouvelles des risques climatiques. Pour y faire face, nous défendons un fonds de mutualisation solidaire accessible à toutes les fermes, ainsi qu'une politique de prévention : diversification des productions, polyculture-élevage, autonomie vis-à-vis des engrais, sortie des pesticides, transition agroécologique. La Cour relève elle-même que ces systèmes diversifiés peuvent renforcer simultanément autonomie, robustesse économique et résistance aux aléas.
Le constat de la transition environnementale et climatique est tout aussi préoccupant. La Cour qualifie les éco-régimes français de « sans exigence », tandis que les moyens consacrés aux MAEC restent limités et que l'aide au maintien de l'agriculture biologique a été supprimée. Le vernis vert de la PAC* ne suffit plus. Il faut renforcer l'éco-régime, maintenir et développer les MAEC systèmes en les ouvrant à toutes les fermes et rétablir une aide au maintien de l'agriculture biologique.
Les négociations sur la PAC* post-2027 ne peuvent pas se réduire à des arbitrages entre institutions et organisations habituées des couloirs ministériels. Le débat sur l'avenir de la première politique européenne ne doit pas être confisqué. Il doit être public et associer pleinement les paysan·nes et la société.
À l'heure où les crises climatiques s'intensifient, la France doit changer de politique agricole : garantir des prix rémunérateurs, installer un million de paysan·nes, mieux répartir les aides et engager réellement la transition agroécologique. C'est à ces objectifs que doivent désormais servir les milliards de la PAC*.



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