COMMUNIQUE DE PRESSE
Appel de Sainte-Soline : un procès de la disproportion pour criminaliser les défenseurs de l’eau
28.05.2026Après 6 heures d'audience, l'avocate générale a requis les mêmes peines qu'en première instance contre les 4 défenseurs de l'eau jugés cet après-midi devant la cour d'appel de Poitiers pour l'organisation de la manifestation interdite de Sainte-Soline en mars 2023. De la prison avec sursis pour Julien Le Guet de Bassines Non Merci (6 mois) et Benoit Feuillu des Soulèvements de la Terre (3 mois) et une amende de 1000 euros contre Nicolas Girod et Benoit Jaunet, à l'époque respectivement porte-parole national et porte-parole des Deux-Sèvres pour la Confédération paysanne. Les avocats de la défense ont demandé la relaxe. Le délibéré sera rendu le 1er juillet.
Le parquet s'en est tenu à une analyse « de surface », reconnaissant une enquête ayant ciblé « le plus simple » et « les plus visibles » pour justifier de poursuivre individuellement 4 personnes parmi les 30000 manifestant·es et les 150 organisations soutenant cette manifestation. Les avocats ont demandé à la cour d'appel de ne pas leur attribuer, fautes d'éléments constitutifs, la responsabilité de l'organisation. Pour la Confédération paysanne la mobilisation de Sainte-Soline pour dénoncer l'accaparement de l'eau par une minorité et réclamer une autre gestion de ce commun, est issue d'une décision collective, comme à chaque fois.
Cet entêtement détonne avec une justice qui refuse d'identifier l'auteur du tir tendu, illégal, qui a failli tuer Serge lors de la manifestation et à mettre en cause la chaîne de commandement. Médiapart et Libération ont pourtant réussi en étudiant minutieusement toutes les images produites par la gendarmerie, elle-même, ce jour-là !
Ce procès entre aussi en écho avec le débat sur le projet de loi d'urgence agricole, un moment politique qui remet au centre de l'actualité la question du partage, de la gouvernance et de la priorisation des usages de l'eau. La répression judiciaire ne fait que soutenir la politique agricole du gouvernement qui va à l'encontre de l'intérêt général. Les débats en cours à l'Assemblée nationale sur ce texte en sont un reflet déplorable.
Tous les signaux climatiques, géopolitiques et économiques sont au rouge et appellent à un changement de cap. Pourtant, à l'Assemblée nationale, la droite, l'extrême droite et le bloc central ne pensent qu'à faire construire des méga-bassines, remplies avec l'eau pompée dans les nappes et non « tombée quand il pleut ». Les méga-bassines sont présentées comme une solution pour le revenu, alors que ces projets ne sont pas viables économiquement, ni pour les paysan·nes ni pour la société.
Nous rappelons la nécessité et l'urgence à agir pour des politiques publiques agricoles radicalement différentes. Malgré la répression judiciaire et policière, notre détermination et notre mobilisation restent intactes. Nous serons d'ailleurs mobilisés dès le 7 juin à Rennes pour dénoncer les attaques contre la gestion démocratique de l'eau du SAGE Vilaine.
Contacts :
Stéphane GALAIS - porte-parole national - tél: 06 81 27 74 56
Nicolas FORTIN - secrétaire national - tél: 06 85 65 75 92
Caroline NUGUES - Chargée de communication - tél: 06 95 29 80 78



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