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COMMUNIQUE DE PRESSE

Projet de loi d’urgence agricole : le Sénat, complice de l'agrobusiness, enterre l'intérêt général

03.07.2026

En pleine canicule, alors que tout nous appelle à engager une réelle bifurcation agroécologique, de manière hors-sol, la majorité sénatoriale vient par son vote d'aggraver davantage le projet de loi d'urgence d'agricole.

Il y a pourtant urgence à apporter des réponses concrètes aux problèmes structurels qui traversent l'agriculture. Les priorités sont nombreuses et criantes : renforcer les outils de régulation et de répartition de la valeur afin d'assurer aux paysan·nes un revenu digne, permettre l'installation des futures générations, maintenir des paysan·nes dans les campagnes, relocaliser notre alimentation, préserver notre souveraineté alimentaire et nous donner les capacités de faire face aux bouleversements environnementaux et donc réorienter les aides publiques avec pour boussole l'intérêt général !

La réintroduction des deux néonicotinoïdes, dont l'acétamipride, au mépris de la santé publique, des pollinisateurs, du respect et de la préservation des sols et de l'eau, est un exemple flagrant d'une défense à tout prix d'un modèle avant tout exportateur. Un modèle pourtant en échec, comme le montre l'état du monde agricole en France et ailleurs, et sur le dos de paysan·nes qu'ils prétendent vouloir sauver. En betteraves, c'est bien la suppression des outils de régulation qui a placé les producteur·rices à la merci du dumping économique et social.

La majorité sénatoriale, à l'instar du sénateur Duplomb qui invoque à longueur de débats le « bon sens paysan », acte, en pleine sécheresse, sa volonté de faire disparaître les zones humides. Lunaire ! Les dispositions sur la non prise en compte des pollutions historiques dans la protection des captages, comme le verrouillage de la gestion de l'eau sur les territoires, augurent le pire.

Sur l'irrigation, c'est stockage à tous les étages, en décalage complet avec les situations climatiques présentes et à venir où les cultures, irriguées ou non, sont en train de griller. Ce déni coupable portera gravement atteinte à l'avenir d'une agriculture paysanne en France et à la concrétisation de la souveraineté alimentaire.

Alors que nous faisons face, en ce moment, dans le Grand Ouest, à une surmortalité des animaux d'élevage, avec toutes les conséquences sanitaires que cela implique, les sénateur·rices ont proposé, avec l'article 17, de favoriser encore davantage la concentration des animaux dans les unités de production animale industrielle, accélérant par la même occasion la disparition des paysan·nes.

Lors de ce débat, la Ministre de l'agriculture, Annie Genevard, a adopté une attitude pathétique et populiste en arrivant avec une pile de paperasses censée représenter la « complexité administrative » subie par les éleveur·euses. À aucun moment elle n'a précisé la taille des élevages concernés, pourtant indispensable pour mettre en perspective les risques liés aux pollutions environnementales. Pas davantage qu'elle n'a évoqué le nombre d'exploitations réellement concernées par ce type de démarches administratives.

Enfin, sur le revenu, les circonvolutions autour du tunnel de prixmontrent à quel point il s'agit bien d'un leurre. Cette disposition ne peut, en l'état, faire figure de prétexte aux député·es pour voter en faveur de ce texte. La sécurisation du revenu paysan via des prix garantis rémunérateurs et des outils de gestion des volumes mérite une révision de bien plus grande ampleur des dispositions législatives pour réguler efficacement les marchés agricoles.

Les débats sénatoriaux enterrent définitivement un projet de loi résolument destiné à protéger une minorité d'oligarques agricoles et les intérêts des agro-industriels. Alors que l'anxiété est profonde dans les campagnes, le plus grand danger qui menace les paysan·nes est clairement l'irresponsabilité et le cynisme de nos gouvernants et d'une partie de nos parlementaires. 

C'est pourquoi, nous ne pouvons que souhaiter l'échec de la commission mixte paritaire qui se réunira le 16 juillet et l'abandon définitif de ce projet de loi mortifère.





Contacts :
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Nicolas FORTIN - secrétaire national - tél: 06 85 65 75 92
Caroline NUGUES - Chargée de communication - tél: 06 95 29 80 78
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